Nationalisation d'ArcelorMittal France
En clair
RÉSUMÉ Ce dossier porte sur une proposition de loi visant à nationaliser ArcelorMittal France, entreprise sidérurgique considérée comme stratégique pour l'industrie française. L'Assemblée nationale a adopté le principe de la nationalisation, permettant à l'État de prendre le contrôle total de l'entreprise pour protéger les emplois et la production d'acier en France. Cependant, plusieurs amendements ont été rejetés, limitant la portée de la nationalisation (comme l'exclusion des filiales ou l'absence de "golden share" étendue) et réduisant les garanties de transparence ou de préservation des savoir-faire industriels. Pour les citoyens, cela signifie une incertitude sur l'impact concret de la nationalisation, notamment concernant la stabilité des emplois et la souveraineté industrielle, sans mécanisme renforcé de contrôle parlementaire sur la gestion future de l'entreprise. Le groupe LFI-NFP [gauche] a voté massivement pour la nationalisation, tant sur l'ensemble du texte qu'aux articles clés, avec une position très favorable et unanime. Le groupe SOC [centre gauche] a également soutenu le texte, bien qu'avec une abstention ponctuelle sur un article. Le groupe ECOS [gauche] et le GDR [extrême gauche] ont adopté la même position très favorable, sans opposition. À l'inverse, le groupe EPR [centre] s'est montré très opposé, rejetant le texte et ses articles, avec une opposition systématique. Le groupe HOR [centre droit], DR [droite] et DEM [centre] ont également voté contre la nationalisation, avec une opposition marquée. Le RN [extrême droite] a choisi une abstention totale sur l'ensemble du texte, sans prendre position pour ou contre.
Résumé généré par IA
Mme Roy
Ce sous-amendement vise à rappeler que la souveraineté industrielle ne se limite pas à la détention d’outils ou d’installations : elle repose avant tout sur les femmes et les hommes qui les font vivre. Inclure explicitement la protection des emplois industriels parmi les intérêts essentiels de la Nation revient à aligner le dispositif juridique sur la réalité économique : sans compétences, sans activité et sans main-d’œuvre qualifiée en France, une sidérurgie « souveraine » ne serait qu’une ligne comptable assortie d’un veto théorique. Il convient de souligner que les travailleurs français de ce secteur détiennent des savoir-faire rares, parfois même uniques au monde, qui résultent de décennies d’expérience, d’innovation et de formation technique de haut niveau. Les perdre serait plus qu’une difficulté sociale : ce serait une perte irréversible pour la capacité du pays à produire son acier, à décarboner son industrie et à maintenir son autonomie stratégique. Cette précision donne ainsi un contenu concret à la vigilance exercée par l’État : protéger l’outil, c’est aussi protéger celles et ceux qui en assurent chaque jour la production — et les compétences exceptionnelles dont dépend l’avenir industriel national
Mme Roy
Cet ajout vise à approfondir l’intérêt de la golden share : au-delà de la simple protection des actifs ou des infrastructures, il s'agit de garantir la pérennité des savoir-faire, des filières industrielles et de la formation technique. Dans un contexte de mondialisation et de rationalisations, les compétences industrielles sont un actif stratégique : elles déterminent la capacité du pays à produire, à innover, à investir et à maintenir son autonomie. Un droit de veto sans prise en compte du capital humain serait incomplet. Cet ajout donne donc un levier législatif concret pour préserver non seulement la propriété de l’outil industriel, mais aussi la transmission, le renouvellement et l’adaptation des compétences nécessaires à son fonctionnement.
Mme Roy
L’ajustement proposé vise à aligner le niveau de participation publique sur une appréciation plus dynamique de la gouvernance stratégique, en évitant toute rigidité arithmétique. La fixation à 1,01 % traduit le fait que la capacité d’opposition prévue au II doit reposer sur un critère fonctionnel, et non sur une valeur strictement arrondie. Cette précision favorise une cohérence accrue entre la détention capitalistique de l’État et le périmètre de son intervention dans un secteur soumis à de fortes fluctuations économiques, technologiques et environnementales. Il s’agit ainsi d’assurer un lien plus direct entre l’outil juridique mobilisé et les objectifs de protection des intérêts essentiels de la Nation.
M. Jacobelli
Depuis de nombreuses années, ArcelorMittal bénéficie de soutiens publics directs et indirects : crédits d’impôt, dispositifs d’accompagnement, aides à la décarbonation, financements liés aux politiques industrielles et environnementales. Ces concours publics sont justifiés par la nécessité de préserver une filière stratégique, essentielle à la souveraineté industrielle de la France. Ils engagent donc une responsabilité particulière de l’entreprise bénéficiaire à l’égard de la Nation. Or, dans plusieurs sites français du groupe, les annonces de suppressions de postes, de réduction d’activité ou de restructurations ont suscité une inquiétude légitime. Il n’est plus acceptable que des aides publiques substantielles puissent être versées sans garantie effective quant au maintien de l’activité industrielle et des emplois qui en dépendent. En ajoutant explicitement le terme « et subventions » à la fin de l’alinéa 1, le présent amendement entend affirmer clairement que toute forme de soutien public — qu’il s’agisse d’aides financières, de crédits d’impôt ou de subventions d’investissement — doit être strictement conditionnée à des engagements vérifiables en matière : de maintien des emplois, de pérennité des sites et de non-délocalisation des activités.
M. Jacobelli
M. Verny
Ce sous-amendement vis à renforcer l’orientation des investissements vers la décarbonation de l’industrie.
M. Verny
Ce sous-amendement vise à préciser la nature de l’accord sous forme de contrat de performance.
M. Verny
Ce sous-amendement vise à préciser que toutes les formes d’aides sont concernées.
M. Verny
Ce sous-amendement vise à renforcer la transparence et le suivi des engagements.
M. Verny et M. Fayssat
Garantit que l’étude examine également les conséquences à moyen terme.
M. Verny et M. Fayssat
Renforce l’indépendance de l’étude.
M. Verny et M. Fayssat
Ce sous-amendement vise à assurer la transparence de l’étude pour tous les citoyens.
M. Verny et M. Fayssat
Ce sous-amendement vise à garantir un délai raisonnable d’examen parlementaire.
M. Boulogne
À rebours du souhait de la France insoumise de nationaliser le groupe ArcelorMittal France, le groupe Rassemblement National veut instituer une action spécifique, détenue par l’État, au sein du capital de la société. Une telle prise de participation préférentielle permettrait à la puissance publique de disposer d'un droit de veto sur les décisions du groupe, qui iraient à l'encontre des intérêts industriels de la France et menaceraient l'emploi dans la sidérurgie. En disposant d'un tel levier juridique, le ministre de l'économie pourrait s'opposer à des fermetures d'usines et des délocalisations sur le sol français. Il s'agit donc d'une mesure protégeant réellement la souveraineté industrielle de notre pays, sans pour autant proposer une prise de contrôle publique d'ArcelorMittal France. Avec un tel outil, l’État redevient stratège, comme à l'époque gaullienne et pompidolienne, et retrouve une capacité d'action efficace pour défendre la sidérurgie tricolore. S'agissant plus précisément du sous-amendement, la modification proposée est purement symbolique et vise à rappeler que ce n'est pas la taille de l'action qui compte, c'est surtout le droit de veto associé à cette prise de participation préférentielle de l’État.
M. Boulogne
Le présent sous-amendement apporte une précision salutaire à l'amendement initial de mon collègue Jean-Philippe Tanguy : la prise de participation préférentielle dans la société ArcelorMittal assure un droit de veto au ministre de l'économie sur les décisions allant à l'encontre des intérêts essentiels de la Nation mais également des actifs stratégiques du pays, en matière d'approvisionnement, d'activité ou d'infrastructures stratégiques dans le secteur sidérurgique.
Mme Roy
La compétitivité et la souveraineté industrielles ne reposent pas uniquement sur la présence de sites de production, mais sur les compétences rares qui permettent de les exploiter et de les moderniser. Cet ajout garantit que les engagements conditionnant les aides publiques ne se limitent pas à des objectifs financiers ou immobiliers, mais incluent la préservation et la transmission des savoir-faire, l’adaptation des formations aux besoins industriels, et le maintien d’une main-d’œuvre hautement qualifiée en France. Sans capital humain, un outil industriel cesse d’être un atout stratégique pour devenir un simple décor.
Mme Roy
Cet ajustement vise à souligner que la participation de l’État, pour être stratégique, n’a pas besoin d’être parfaitement ronde : la souveraineté n’est pas une affaire de décimales, mais de contrôle effectif. En précisant la participation à 0,999 %, le présent sous-amendement met en lumière le caractère avant tout symbolique du seuil retenu dans l’amendement principal : l’efficacité du droit de veto dépend bien plus de sa portée juridique que du nombre de parts détenues.
Mme Roy
Pour qu’un accord stratégique soit autre chose qu’une promesse, il doit garantir la formation continue et l’adaptation des savoir-faire aux mutations industrielles. Cette précision permet d’éviter que les engagements de l’entreprise se limitent à du capital fixe, en négligeant l’investissement indispensable dans le capital humain.
Mme Roy
Cet ajout précise que l’accord stratégique doit non seulement garantir l’emploi et l’investissement, mais aussi soutenir l’innovation industrielle, indispensable à la compétitivité et à l’avenir du secteur sidérurgique en France.
M. Boccaletti
Le dispositif invite à se concentrer sur la relance sidérurgique française.
Tous les amendements ont été chargés