Proposition de loi visant à mieux protéger les enfants victimes de violences intrafamiliales
En clair
Ce dossier porte sur une proposition de loi visant à renforcer la protection des enfants victimes de violences intrafamiliales en instaurant une suspension automatique de l’autorité parentale et des droits de visite pour un parent poursuivi, mis en examen ou condamné pour des crimes graves (meurtres, agressions sexuelles, violences sur l’autre parent ou l’enfant). Les amendements adoptés prévoient cette suspension dès le stade des poursuites, même avant un jugement définitif, afin d’éviter tout contact entre l’enfant et le parent violent. L’objectif est de protéger rapidement les mineurs tout en maintenant une procédure judiciaire pour statuer définitivement. Cette mesure s’appuie sur des données alarmantes (1 enfant tué par un parent tous les 5 jours, 160 000 enfants victimes de violences sexuelles par an) et des rapports comme celui de l’UNICEF ou de la CIIVISE. La loi vise à combler un vide juridique en automatisant une protection immédiate dans les cas les plus graves. Les votes disponibles ne concernent que des amendements techniques et ne permettent pas de dégager une position globale des groupes politiques sur l’ensemble du texte.
Résumé généré par IALoi n°2024-233
Publiée au Journal officiel le 18 mars 2024
M. Thani MOHAMED SOILIHI, Mme Patricia SCHILLINGER, M. Olivier BITZ, M. Bernard BUIS, M. Frédéric BUVAL, Mme Samantha CAZEBONNE, Mme Nicole DURANTON, M. Stéphane FOUASSIN, Mme Nadège HAVET, M. Ludovic HAYE, M. Xavier IACOVELLI, M. Mikaele KULIMOETOKE, M. Jean-Baptiste LEMOYNE, M. Martin LÉVRIER, Mme Solanges NADILLE, M. Saïd OMAR OILI, M. Georges PATIENT, M. François PATRIAT, Mme Marie-Laure PHINERA-HORTH, M. Didier RAMBAUD, M. Teva ROHFRITSCH, M. Dominique THÉOPHILE
Cet amendement entend rétablir l’article 1er dans sa version adoptée par l’Assemblée nationale en première lecture. Cette version a fait l'objet d'un vote unanime des députés avec le soutien du Gouvernement. Plus protecteur, il prévoit la suspension de plein droit de l’exercice de l’autorité parentale et des droits de visite et d’hébergement du parent poursuivi, mis en examen ou condamné, même non définitivement, soit pour un crime sur la personne de l’autre parent, soit pour une agression sexuelle incestueuse ou pour un crime commis sur la personne de son enfant. Cette suspension court jusqu'à la décision du juge aux affaires familiales, jusqu’à la décision de non-lieu du juge d'instruction ou jusqu’à la décision du juge pénal. D’autre part, il prévoit la suspension de plein droit de l’exercice de l’autorité parentale et des droits de visite et d’hébergement du parent condamné, même non définitivement, pour des violences volontaires sur l’autre parent ayant entraîné une incapacité totale de travail de plus de huit jours, lorsque l’enfant a assisté aux faits.
Mme Nathalie DELATTRE, Mme Maryse CARRÈRE, M. Michel MASSET, M. Christian BILHAC, M. Henri CABANEL, M. Raphaël DAUBET, M. Éric GOLD, M. Philippe GROSVALET, M. Jean-Noël GUÉRINI, Mme Véronique GUILLOTIN, M. André GUIOL, M. Ahmed LAOUEDJ, M. Jean-Yves ROUX, Mme Guylène PANTEL, M. Bernard FIALAIRE, Mme Annick GIRARDIN
Cet amendement a pour objet de rétablir la rédaction de l'article 1er dans sa version adoptée à l'unanimité à l'Assemblée Nationale. Cela permettrait que l’exercice de l’autorité parentale soit suspendu de plein droit dès le stade des poursuites en cas de crime commis sur l’autre parent, crime ou agression sexuelle incestueuse commis sur l’enfant, et jusqu'à ce qu'un jugement définitif soit prononcé. Tout en renforçant significativement la protection de l'enfant, ce dispositif ne priverait toutefois pas le parent poursuivi de tout recours, celui-ci gardant la possibilité de saisir le juge des affaires familiales.
Mme Annick BILLON, M. Laurent LAFON, M. Jean-François LONGEOT, Mme Lana TETUANUI, M. Franck DHERSIN, Mme Jocelyne ANTOINE, M. Bernard PILLEFER, M. Michel LAUGIER, M. Claude KERN, Mme Christine HERZOG, M. Hervé MAUREY, M. Jean HINGRAY, M. Édouard COURTIAL, M. Pascal MARTIN
Amendement de repli Selon un rapport de l’UNICEF publié fin 2022, les violences envers les enfants augmentent : - 1 enfant est tué par l’un de ses parents tous les cinq jours en moyenne ; - Les parents représentent 86% des auteurs présumés de maltraitance. Et selon l'Office des mineurs, 160 000 enfants sont victimes chaque année de violences sexuelles. Grâce aux travaux de la CIIVISE de ces deux dernières années, nous savons que de nombreuses victimes ont été contraintes de continuer à côtoyer leur parent bourreau. L’article 1er pose la question de l’équilibre entre la nécessité, d’un côté de protéger l’enfant, et de l’autre celle de respecter la présomption d’innocence et le droit de mener une vie familiale normale. Cet amendement vise à protéger avant tout les enfants en rétablissant partiellement l’article 1er dans sa version transmise par l’Assemblée nationale. Il permet la suspension de plein droit de l’exercice de l’autorité parentale et des droits de visite et d’hébergement du parent poursuivi, mis en examen ou condamné, même non définitivement, soit pour un crime sur la personne de l’autre parent, soit pour une agression sexuelle incestueuse ou pour un crime commis sur la personne de son enfant. Cette suspension court jusqu'à la décision du juge aux affaires familiales, jusqu’à la décision de non-lieu du juge d'instruction ou jusqu’à la décision du juge pénal. L’objet de cet amendement est d’ériger la protection de l’enfant en priorité absolue.
Mme Dominique VÉRIEN, M. François BONNEAU, Mme Nadia SOLLOGOUB, Mme Jocelyne GUIDEZ, Mme Olivia RICHARD, M. Bernard DELCROS, M. Jean-Michel ARNAUD, M. Pierre-Antoine LEVI, M. Philippe FOLLIOT, Mme Sonia de LA PROVÔTÉ, M. Vincent CAPO-CANELLAS, M. Vincent DELAHAYE, Mme Anne-Sophie ROMAGNY, Mme Annick JACQUEMET
Cet amendement entend proposer une nouvelle rédaction de l'article 1er. Il s'agit ici de maintenir, pour les cas les plus graves, un mécanisme d'automaticité de la suspension de l’exercice de l’autorité parentale et des droits de visite et d’hébergement du parent poursuivi, mis en examen ou condamné.