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Projet de loi pour le plein emploi

En clair

Le projet de loi pour le plein emploi a été définitivement adopté par l'Assemblée nationale après plusieurs votes. Ce texte vise principalement à réduire le chômage en renforçant l'accompagnement des demandeurs d'emploi, en adaptant les formations aux besoins du marché du travail et en incitant les entreprises à embaucher. Cependant, certains aspects controversés ont été rejetés, comme la représentation des acteurs de l'économie sociale et solidaire (ESS) dans les instances de décision ou l'intégration de mesures pour concilier emploi et transition écologique. Le Sénat avait initialement rejeté une proposition liée à ce texte, reflétant des désaccords sur les conditions d'accès aux droits pour les chômeurs et les travailleurs. Pour les citoyens, cette loi pourrait faciliter le retour à l'emploi, mais son impact dépendra de la manière dont ses mesures seront appliquées concrètement. Le groupe UMP [droite] a voté massivement en faveur du texte, avec 231 voix pour et aucune contre ou abstention, montrant un soutien total au projet de loi. À l'inverse, le groupe SOC [centre gauche] s'est opposé de manière unanime, avec 110 voix contre et seulement 1 pour, illustrant une opposition forte au texte. Le groupe UC [centre] a également soutenu le projet, avec 98 voix pour et seulement 2 contre, reflétant une position majoritairement favorable. Le groupe LREM [centre], majoritairement présidentiel, a voté à l'unanimité pour le texte, avec 35 voix pour. Le groupe RTLI [centre droit] a également apporté un soutien total, avec 31 voix pour. Les groupes de gauche CRC [gauche] et GEST [gauche] se sont opposés de manière unanime, avec respectivement 27 et 25 voix contre, sans aucune abstention. Enfin, le groupe RDSE [centre] a voté très majoritairement en faveur du texte, avec 24 voix pour et seulement 1 abstention. Aucun groupe traditionnellement de gauche n'a voté avec la droite sur ce texte.

Résumé généré par IA
6
Scrutins
2
Adoptés
4
Rejetés
2
Amendements
2 adoptés4 rejetés
Loi promulguée

Loi n°2023-1196

Publiée au Journal officiel le 18 décembre 2023

369

Mme Raymonde PONCET MONGE, Mme Mélanie VOGEL, M. Guy BENARROCHE, M. Daniel BREUILLER, M. Ronan DANTEC, Mme Monique de MARCO, M. Thomas DOSSUS, M. Jacques FERNIQUE, M. Guillaume GONTARD, M. Joël LABBÉ, M. Paul Toussaint PARIGI, M. Daniel SALMON

Les entreprises de l’ESS agissent, au quotidien, en faveur du service public de l’emploi. Certains acteurs de l’ESS agissent même directement auprès des opérateurs et/ou des partenaires du service public de l’emploi comme les missions locales, les organismes d’insertion, les entreprises adaptées ou les organismes de formation. 200 000 entreprises constituent ainsi le secteur qui emploient 2,3 millions de salariés, soit 14% de l’emploi privé, au service d’une activité d’utilité sociale, qui participe souvent à répondre aux besoins des demandeurs d’emploi et à la levée des freins périphériques en ce qui concerne le logement, la garde d’enfants ou même l’accompagnement à la mobilité. Ainsi, compte tenu de l’implication de l’ESS dans l’accompagnement et l’insertion des demandeurs d’emploi et de son poids significatif dans le tissu social, il est indispensable que le secteur puisse contribuer pleinement aux décisions relatives aux enjeux nationaux du service public de l’emploi et soit dès lors représenté au sein du Comité National via son organisation représentative multi-professionnelle à savoir l’UDES. Or la présente rédaction du projet de loi, si elle inclut les organisations représentatives d’employeurs au niveau interprofessionnel, exclut de facto les organisations représentatives au niveau multi-professionnel, ce qui semble un oubli regrettable pour la représentativité du secteur. Ce présent amendement des sénatrices et sénateurs écologistes, travaillé avec l’UDES, se propose ainsi d’inclure pareillement les organisations représentatives au niveau national interprofessionnel et multi-professionnel au sein du comité national et des comités territoriaux France Travail afin d’assurer la représentativité.

Déposé le 6 juil. 2023SENAT-TXT-105622
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Mme Raymonde PONCET MONGE, Mme Mélanie VOGEL, M. Guy BENARROCHE, M. Daniel BREUILLER, M. Ronan DANTEC, Mme Monique de MARCO, M. Thomas DOSSUS, M. Jacques FERNIQUE, M. Guillaume GONTARD, M. Joël LABBÉ, M. Paul Toussaint PARIGI, M. Daniel SALMON

Ce projet de loi - qui aurait dû s’appeler le « plein emploi à tout prix » - reflète la logique de l’exécutif et de la minorité présidentielle : faire travailler tout le monde, qu’importe le type d’emploi. Il fait fi de la violence sociale, économique et symbolique que ce texte infligera aux plus fragiles. Alors que l’augmentation des inégalités, le changement climatique et le dépassement des limites planétaires devraient nous conduire collectivement à revoir les politiques sociales et économiques, de l’emploi et de l’insertion, le Gouvernement n’appréhende ces sujets que sous un angle court-termiste, se voulant « pragmatique », par la coercition et l’obligation. C’est ainsi que l’exécutif a choisi ses priorités en portant des contre-réformes durcissant les conditions d’accès aux droits des chômeurs, des travailleurs, des allocataires du RSA avec notamment les projets de loi portant respectivement les réformes de l’assurance chômage, de la retraite et désormais de Pôle emploi. L’ensemble de ces textes s'inscrit dans une vision réductrice qui voudrait qu’il faille toujours plus contraindre les personnes à s’adapter à l’offre d’emplois avant de repenser le travail et d’en améliorer les conditions et le sens. Rappelons à ce titre qu’en France plus d’un tiers des salarié.es ne considèrent pas leur travail comme soutenable (37 %, selon Dares, 2019) et que la France se situe parmi les plus mauvais élèves en Europe alors même qu’une spécificité française veut que 60 à 70 % des Français.es placent le travail tout en haut de leur ordre de priorités ces 25 dernières années. La France est pourtant en queue de peloton quant aux conditions de travail au niveau européen (pénibilité physique, risques psychosociaux, discrimination, manque d’implication et de consultation dans les décisions prises par l’employeur, manque de reconnaissance du travail réalisé). C’est ainsi que la France est, après la Croatie, le deuxième pays à proposer la plus grande part de CDD à une durée inférieure à 3 mois, et parmi les pays les moins bien classés en termes de risques physiques (17 % d’écart négatif de performance par rapport à la moyenne européenne des indicateurs de qualité de l’emploi et du travail, EWCTS, 2021), de risques biochimiques (13,8 %), de qualité de l’environnement de travail (10 %), de formation en emploi (9,4 %). Autant de freins à l’emploi durable et de raison de repenser le travail en France. Cette vision étriquée est celle d’un autre temps, elle s’inspire de manière flagrante des politiques des années 1980 de Margaret Thatcher au Royaume-Uni, et reprend en substance le contenu des lois Hartz de l’Allemagne du début du siècle.​​Symbole de l’emploi à tout prix, ces dernières auraient permis la création de 2,5 millions emplois mais on a pu observer en même temps que ceux-ci correspondaient majoritairement à des emplois à temps partiel, intérimaires ou à durée déterminée, soit autant de situations maintenues si ce n’est dans la pauvreté, a minima dans la précarité. Ainsi, ces « bonnes performances sur le front de l'emploi se sont accompagnées d'une hausse des inégalités et de la pauvreté (…) Le taux de pauvreté global [..] a crû de 2,2 points, de 12,5 % à 14,7 % » (Trésor, mars 2013). A la sortie de plusieurs périodes de confinement ayant amené les Français.es à se questionner sur le sens de leur travail, sur les conditions de l’exercer, sur l’équilibre entre leur vie personnelle et professionnelle, sur la place du télétravail, … ce texte poursuit à l’opposé une logique productiviste et utilitariste qui s’avèrera destructrice pour l’humain comme pour la nature. En outre, ce texte ne tire absolument aucune leçon et ne formule aucune solution pour répondre aux souffrances psychologiques que suscite le système de Pôle emploi tant du côté des travailleurs sociaux, que des demandeurs d’emploi. Les syndicats des conseillers décrivent en effet une charge de travail en constante augmentation au gré des nouveaux plans arrivant avant que les anciens soient terminés, qui épuisent professionnellement les salarié.es et agents. avec des « projets et injonctions qui se superposent, engendrant souffrance au travail et perte de sens ». La « pression permanente de l’atteinte des objectifs répercutée à tous les niveaux hiérarchiques [...] crée une situation de stress permanent particulièrement préjudiciable pour la santé ». Du côté des demandeurs d’emploi, c’est une atmosphère de surveillance, de contrôle permanent et d’anxiété généralisée qui engendre chez eux énormément de souffrances, voire des pathologies psychiatriques. Pour lutter contre les méfaits du pilotage par les chiffres et les résultats quantitatifs, les travailleurs sociaux comme les demandeurs d’emploi ont besoin de temps et de moyens dédiés permettant d’accorder le temps nécessaire à un vrai travail personnalisé d’insertion sur la durée et non pas une sortie ponctuelle, éphémère des statistiques du chômage. Ce texte ne répond en rien à ces besoins et n’apporte ri

Déposé le 29 juin 2023SENAT-TXT-105622