Projet de loi relatif à la bioéthique
En clair
Le projet de loi relatif à la bioéthique, adopté définitivement par le Parlement, traite principalement de questions comme la procréation médicalement assistée (PMA), les dons d'organes, la recherche médicale et la coopération européenne dans ces domaines. Plusieurs amendements visant à renforcer ou encadrer davantage ces pratiques ont été rejetés, notamment ceux proposant des règles européennes plus strictes sur la PMA ou des restrictions sur les tests génétiques. En revanche, un amendement adopté au Sénat renforce la coopération européenne sur les dons d'organes et la recherche médicale, ce qui pourrait faciliter les échanges et l'accès à des soins innovants à l'échelle européenne. Pour les citoyens, cela se traduit par un maintien du cadre légal actuel sans changement immédiat, mais avec une perspective d'harmonisation progressive avec les règles européennes. Le groupe UMP [droite] s'est montré très favorable au texte, avec 276 votes pour et seulement 6 contre ou abstentions. Le groupe UC [centre] a également voté en faveur du projet, bien que de manière moins massive (48 pour, 4 contre, 6 abstentions). À l'inverse, le groupe SOC [centre gauche] s'est opposé à l'unanimité au projet (184 contre), tout comme les groupes CRC [gauche] (42 contre) et RDSE [centre] (24 contre, 6 abstentions). Le groupe LREM [centre] a également rejeté le texte (16 contre). Le groupe NI [centre] a adopté une position plutôt favorable (6 pour, 4 contre), tandis que le groupe RTLI [centre droit] l'a soutenu sans réserve (4 pour). Aucun groupe de gauche radicale ou d'extrême droite n'apparaît dans les données fournies.
Résumé généré par IALoi n°2011-814
Publiée au Journal officiel le 7 juillet 2011
Mme Annick JACQUEMET, M. Jean-François LONGEOT, M. Jean-Marie MIZZON, M. Olivier HENNO, Mme Jocelyne ANTOINE, M. Guislain CAMBIER, M. Michel CANÉVET, Mme Nadia SOLLOGOUB, M. Édouard COURTIAL, Mme Annick BILLON, M. Daniel FARGEOT, Mme Olivia RICHARD, Mme Évelyne PERROT, Mme Sonia de LA PROVÔTÉ, Mme Denise SAINT-PÉ, M. Alain DUFFOURG, M. Jean HINGRAY, Mme Anne-Sophie ROMAGNY
Cet amendement a pour objet d'exclure de la catégorie des troubles anormaux de voisinage les effets sonores causés par les enfants dans les services aux familles, les aires de jeux pour enfants et les installations similaires. Depuis la réforme dite "NORMA", l’espace extérieur est obligatoire dans toutes les nouvelles crèches situées dans un kilomètre carré accueillant moins de 10 000 habitants et fortement recommandé dans les autres établissements. Pour autant de nombreuses crèches sont victimes de conflits de voisinages, les habitants à proximité des crèches considérant que les enfants font trop de bruits. Concrètement, les crèches concernées peuvent faire face à : - des refus de mise à disposition de l’usage des espaces communs au droit du local de la crèche ; - des refus d’autorisation d’aménagements des espaces communs à usage privatif, aménagements pourtant exigés par la réglementation relative à la protection des enfants : enceinte d’une hauteur minimale de 150 cm, dispositif de sécurité contre la chute d’objets, aménagement et matériaux adaptés, remplacement des espèces plantées dangereuses ou toxiques, fixation au sol des jeux ou structures de psychomotricité, etc. ; - des restrictions d’usage des espaces communs par une copropriété, contraires aux intérêts des enfants : accès des enfants à l’extérieur quelques heures par jour, autorisation d’ouvrir les fenêtres quelques heures par jour, etc. La création du droit des enfants à faire du bruit remplit une mission de protection des libertés individuelles pour les plus jeunes mais favorise également une croissance épanouie. Cet amendement, élaboré avec la Fédération Française des Entreprises de Crèches, vise donc à établir un cadre juridique qui permettra à tous les enfants accueillis en crèche de disposer des mêmes droits dans leur espace extérieur : celui de jouer !
M. François BONNEAU, Mme Corinne BOURCIER, M. Alain JOYANDET, Mme Nathalie DELATTRE, Mme Jocelyne GUIDEZ, M. Jean-Baptiste LEMOYNE, M. Franck MENONVILLE, M. Daniel CHASSEING, M. Olivier CIGOLOTTI
L’accès à un espace extérieur sécurisé est indispensable pour l’épanouissement des jeunes enfants comme le reconnaît le principe n° 6 de la Charte nationale pour l’accueil du jeune enfant : « 6. Le contact réel avec la nature est essentiel à mon développement »[1]. Depuis la réforme NORMA, l’espace extérieur est obligatoire dans toutes les nouvelles crèches situées dans un kilomètre carré accueillant moins de 10 000 habitants et fortement recommandé dans les autres établissements. Pour autant de nombreuses crèches sont victimes de conflits de voisinages, les habitants à proximité des crèches considérant que les enfants font trop de bruits. Concrètement, il est de plus en fréquent que les crèches soient victimes de : ‑ Refus de mise à disposition de l’usage des espaces communs au droit du local de la crèche ‑ Refus d’autorisation d’aménagements des espaces communs à usage privatif, aménagements pourtant exigés par la réglementation relative à la protection des enfants : enceinte d’une hauteur minimale de 150 cm, dispositif de sécurité contre la chute d’objets, aménagement et matériaux adaptés, remplacement des espèces plantées dangereuses ou toxiques, fixation au sol des jeux ou structures de psychomotricité… ‑ Restrictions d’usage des espaces communs et privatif par une copropriété, contraires aux intérêts des enfants : accès des enfants à l’extérieur que quelques heures par jour, autorisation d’ouvrir les fenêtres que quelques heures par jour… Cet amendement vise donc la création d’un « Droit des enfants à faire du bruit ». Au cours de l’été 2023, c’est la ville de Bruges en Gironde qui a été contrainte de déplacer une partie des jeux pour enfants du parc Ausone suite à des plaintes de riverains excédés par le bruit. Une telle disposition ne serait pas nouvelle au niveau européen. En effet, en Allemagne, le problème s’est posé dès 2010[2]. Si des crèches ont perdu des procès, d’autres les ont gagnés[3]. Désormais, l’article 22 (1a) du Bundes‑Immissionsschutzgesetz (BImSchG) précise que « les effets sonores causés par les enfants dans les garderies, les aires de jeux pour enfants et les installations similaires telles que les terrains de balle ne sont généralement pas nocifs pour l’environnement. » [4] Au niveau français, la dernière réglementation nationale est la loi n° 92‑1444 du 31 décembre 1992 relative à la lutte contre le bruit, par la suite abrogée en 2002 au moment de la mise en application de la directive 2002/49/CE sur l’évaluation et la gestion du bruit dans l’environnement. Les mesures de transposition de la directive ne sont aujourd’hui plus adaptées aux nouvelles habitudes et aux nouveaux besoins des citoyens. Le Parlement a voté en 2021 une loi pour « définir et protéger le patrimoine sensoriel des campagnes françaises »[5]. Par cette initiative, sont désormais protégés le chant du coq, le son des cloches, le bruit des tracteurs, les odeurs de lisier ou le chant des cigales. Comme le disait le Député Paul Molac au moment des débats sur la loi de 2021, « cette proposition de loi paraît nécessaire lorsque certains en viennent à vouloir régler ce qui est naturel »[6]. En 2024, le Parlement peut choisir de défendre le droit des enfants à s’exprimer afin de leur permettre de s’épanouir. Cette disposition permettra à chaque jeune citoyen français de se créer son propre patrimoine sensoriel afin de disposer des outils indispensables pour appréhender le monde de demain. La création du droit des enfants à faire du bruit remplit une mission de protection des libertés individuelles pour les plus jeunes mais favorise également une croissance épanouie. Cet amendement vise donc à établir un cadre juridique essentiel qui permettra à tous les enfants accueillis en crèche de disposer des mêmes droits dans leur espace extérieur : celui de jouer ! [1] Arrêté ministériel du 23 septembre 2021 portant création d’une charte nationale pour l’accueil du jeune enfant – Lien : https ://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2021/9/23/SSAA2128574A/jo/texte [2] Article du Figaro, septembre 2010 [3] Article de TZ, août 2022 [4] Site du Ministère de la Justice allemand [5] Loi n° 2021‑85 du 29 janvier 2021 visant à définir et protéger le patrimoine sensoriel des campagnes françaises [6] Rapport de la Commission des affaires culturelles du 22 janvier 2020