Lutter contre la disparition des terres agricoles et renforcer la régulation des prix du foncier agricole
Commissions saisies
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En clair
Cette proposition de loi vise à protéger les terres agricoles françaises, dont la disparition s'accélère sous l'effet de l'artificialisation et de la spéculation foncière. Elle renforce le rôle des Safer (Sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural) dans la régulation des prix et l'attribution des terres, tout en élargissant les possibilités de préemption par les collectivités locales. Le texte adopté à l'Assemblée nationale en première lecture contient plusieurs mesures phares : un meilleur encadrement des ventes de terrains agricoles, des obligations renforcées d'information pour les acquéreurs, et des dérogations ciblées pour préserver les sites à forte valeur patrimoniale ou environnementale. Cependant, certains amendements visant à durcir le contrôle des ventes ou à étendre les pouvoirs des Safer ont été rejetés, limitant ainsi l'ambition initiale du texte. Pour les citoyens, cette loi pourrait ralentir la hausse des prix des terres agricoles et faciliter l'accès à la propriété pour les agriculteurs, tout en protégeant certains espaces naturels ou historiques. Tous les groupes politiques représentés à l'Assemblée nationale ont voté en faveur de l'adoption de la proposition de loi dans son ensemble, avec des scores quasi unanimes. Le Rassemblement National [extrême droite], les Socialistes [centre gauche], LFI-NFP [gauche], Ensemble pour la République [centre], les Écologistes [gauche], Horizons [centre droit], les Démocrates [centre], la Droite Républicaine [droite], LIOT [centre], l'Union des droites pour la République [droite] et les Non-inscrits [centre] ont tous voté "pour" à l'unanimité ou presque. Les Républicains [droite] se distinguent par une abstention totale sur l'ensemble du texte, marquant une divergence notable avec les autres groupes de droite. Les votes par article révèlent des nuances, notamment pour la Droite Républicaine [droite], qui s'est abstenue sur l'article 2 tout en votant "pour" sur les autres articles et sur l'ensemble du texte. Les Démocrates [centre] ont également montré une position plus nuancée sur l'article 2, avec 7 votes pour, 4 contre et aucune abstention, indiquant une division interne sur ce point précis. Tous les autres groupes ont adopté une position cohérente, votant "pour" sur chaque article examiné (premier, deuxième, troisième et quatrième) ainsi que sur l'ensemble du texte. Aucune opposition frontale n'a été enregistrée, ce qui suggère un large consensus sur l'objectif général de protection des terres agricoles.
Résumé généré par IAM. Echaniz
Ce sous amendement du groupe Socialistes et apparentés vise à clarifier la possibilité pour la Safer d’actionner une action en justice pour demander l’annulation d’une opération constitutive d’un abus de droit sur la base d’un faisceau d’indices résultant de la déclaration qui lui a été notifiée et de laisser ainsi aux parties prenantes à la vente le soin de s’en justifier auprès du juge judiciaire.
M. Dufau
Cet amendement permet de renforcer l'obligation d'information sur les ventes de biens immobiliers agricoles tout en intégrant la dimension protection du patrimoine défendue par plusieurs autres amendements.
M. Dufau
Cet amendement de votre rapporteur vise à supprimer l'extension du droit de préemption aux communes en "zone tendue". Dès lors que la faculté d'étendre le droit de préemption des Safer sur certains bâtiments ayant eu un usage agricole est maintenu pour les communes où c'est indispensable, il n'est pas nécessaire d'ouvrir ce droit à toutes les communes en "zone tendue". En effet, il vaut mieux avancer au cas par cas, certaines communes en "zone tendue" n'étant pas significativement concernée par le droit de préemption des Safer.
M. Echaniz
Sous-amendement rédactionnel, remplacer le verbe "freiner" par "limiter" qui paraît plus approprié.
M. Echaniz
Sous-amendement rédactionnel
M. Echaniz
le Gouvernement
Le rapporteur propose une troisième voie visant à ce que la SAFER puisse exercer « une préemption partielle permettant de conserver les terrains qui en constituent des dépendances indispensables et immédiates, sans que la surface de ces derniers terrains puisse être disproportionnée par rapport à la superficie de ces bâtiments ». Or la notion de « dépendance immédiate » est une notion fiscale prévue à l’article 1381 du code général des impôts portant sur la taxe foncière sur les propriétés bâties. Cela revient à lier le périmètre d’exercice de la préemption partielle à une notion fiscale avec un risque d’effet de bord important. En outre, le caractère disproportionné de la surface de ces terrains par rapport à la superficie des bâtiments manque de précision. Pour ces raisons, le présent sous-amendement propose une écriture plus souple qui laisse toute sa place à une négociation pragmatique entre la SAFER souhaitant exercer une préemption partielle et le propriétaire prêt à l’accepter, sous réserve que le périmètre autour du bien d’habitation soit correctement délimité.
le Gouvernement
En matière de bâtiments ayant changé de destination, il est proposé de supprimer l’extension du droit de préemption des SAFER aux communes mettant en place une taxe sur les logements vacants. Un tel zonage ne présente en effet aucun lien avec le champ de compétences des SAFER. En outre, il est du ressort des communes, en amont, de choisir les bâtiments agricoles autorisés à changer de destination et, en aval, avec les services de police et de justice et les services déconcentrés en charge de l’urbanisme, de participer à la lutte contre les changements illégaux de destination. Il est par ailleurs proposé de supprimer le 4ème alinéa permettant au préfet d’étendre ce droit de préemption à d’autres communes dans des conditions prévues par décret. Cette disposition couvre potentiellement un nombre très important de communes et présente un risque élevé d’application à la carte. Elle est par ailleurs entachée d’incompétence négative en ce qu’elle n’encadre pas suffisamment l’action du préfet.
M. Benoit
En cohérence avec l'amendement déposé sur l'article 1er, ce sous-amendement vise à offrir aux propriétaires de demeures et bâtiments remarquables la possibilité de conserver les jardins et terrains d'exception qui sont indispensables à la préservation du patrimoine historique et culturel. Lorsqu'ils souhaitent vendre leur propriété, en permettant éventuellement l'acquisition séparée par les Safer des biens immobiliers agricoles ou des terrains nus à vocation agricole, ils ont ainsi la possibilité de proposer une séparation des biens plus respectueuse de la défense patrimoniale.
M. Bourgeaux
Ce sous-amendement vise à préciser le lien entre les terrains qui peuvent être exclus de la préemption partielle, à l’initiative des propriétaires, et les immeubles non-agricoles sur lesquels la Safer ne dispose a priori pas de droit de préemption. La définition de ce que représente un terrain indispensable est également précisée pour garantir la protection des propriétés présentant un intérêt historique, culturel et patrimonial manifeste, qui est l’objectif premier de l’amendement du rapporteur qui réécrit le fonctionnement du droit de préemption partielle.
M. Chassaigne, M. Monnet, Mme Bourouaha, M. Bénard, M. Castor, Mme Faucillon, Mme K/Bidi, Mme Lebon, M. Lecoq, M. Maillot, M. Maurel, M. Nadeau, M. Peu, Mme Reid Arbelot, M. Rimane, M. Sansu et M. Tjibaou
Cet sous-amendement rédactionnel vise à clarifier la possibilité pour la Safer d’intenter une action en justice pour demander l’annulation d’une opération constitutive d’un abus de droit sur la base d’un faisceau d’indices résultant de la déclaration qui lui a été notifiée et de laisser ainsi aux parties prenantes à la vente le soin de s’en justifier auprès du juge judiciaire.
M. Bourgeaux, Mme Corneloup, M. Cordier, M. Nury, Mme Sylvie Bonnet, M. Brigand, M. Bony, M. Taite et M. Juvin
Le présent amendement vise à compléter les dispositions relatives à la distinction des biens immobiliers, en tenant compte des spécificités des terrains présentant un intérêt patrimonial ou environnemental particulier. Cette modification est motivée par plusieurs considérations juridiques et économiques. L'urbanisation rapide des dernières décennies a conduit à une réduction significative des terres agricoles, soulevant des préoccupations légitimes quant à la préservation des espaces naturels et agricoles. Toutefois, il serait inapproprié d'imputer cette responsabilité aux propriétaires de terrains ayant une vocation patrimoniale ou environnementale. Ces espaces, souvent intégrés à des propriétés historiques ou naturelles, constituent un patrimoine précieux qui mérite d'être protégé. En privant ces propriétaires de la majeure partie de leurs terrains, on créerait une situation préjudiciable. Une telle réduction entraînerait inévitablement une dépréciation, parfois très importante, de la valeur de leurs biens immobiliers. Cette dévaluation serait perçue comme une sanction sans fondement légitime. De plus, la dépréciation des biens immobiliers aurait des financières négatives pour les collectivités locales, dont les recettes dépendent en partie des droits d'enregistrement. En effet, les droits d'enregistrement perçus lors des transactions immobilières constituent une source de revenus importante pour les collectivités locales. Une diminution de la valeur des biens immobiliers entraînerait une réduction de ces droits, affectant ainsi les ressources financières des collectivités. Ces dernières utilisent ces fonds pour financer divers services publics et infrastructures locales. En conséquence, il est nécessaire d'exclure du dispositif les terrains présentant un intérêt patrimonial ou environnemental particulier. Cet amendement propose donc d'ajouter les exceptions suivantes : a) Les terrains qui font partie d’un ensemble immobilier, formé d’une ou plusieurs unités foncières appartenant au même propriétaire, dans lequel est situé un monument historique classé ou inscrit. Ces terrains contribuent à la préservation du patrimoine historique et culturel. Ils constituent un ensemble homogène qui peut être constitué d’une unité foncière d’un seule tenant ou dans certains cas de plusieurs unités foncières, du fait de la présence de voies ou de cours d’eau les traversant. b) Les terrains situés dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou d’un site classé ou inscrit au titre du Code de l’environnement. Ces terrains participent à la protection des paysages et des écosystèmes. c) Les terrains labélisés « Jardin remarquable » par le Ministère de la culture. Ces jardins représentent un patrimoine végétal et paysager exceptionnel. Ces mesures permettront de préserver ces espaces patrimoniaux et environnementaux, tout en garantissant une équité pour les propriétaires concernés et en maintenant les recettes des collectivités locales. Par conséquent, cet amendement vise à concilier la nécessité de préserver les terres agricoles avec le respect du patrimoine historique, culturel et naturel, tout en assurant une juste évaluation des biens immobiliers et en soutenant les finances locales.
M. Dufau
Cet amendement vise à rendre applicables et opérationnelles les dispositions adoptées en commission.
M. Dufau
Cet amendement vise à renforcer la transparence de l'information sur le marché des biens immobiliers agricoles ou ruraux.
M. Potier
M. Armand
M. Benoit et M. Henriet
M. Dive
M. Dufau
Cet amendement vise à attribuer aux conseils municipaux, après délibération, la possibilité d'étendre le droit de préemption sur les bâtiments ayant eu un usage agricole ces 20 dernières années, sur leur commune. Les maires et leur conseil municipal semblent en effet mieux placés que les préfets pour évaluer le contexte de pression foncière et juger opportun lorsque ce droit de préemption doit être élargi.
M. Dufau
Cet amendement permet d'améliorer l'organisation et l'anticipation du droit de visite des Safer, en lien avec les commissaires du Gouvernement.
Tous les amendements ont été chargés