Assemblée nationaleAdoptéProposition de loi ordinaire

Lutter contre la disparition des terres agricoles et renforcer la régulation des prix du foncier agricole

En clair

RÉSUMÉ Ce dossier porte sur la protection des terres agricoles en France face à leur artificialisation croissante et à la hausse des prix du foncier. La proposition de loi adoptée renforce le contrôle des ventes de terres agricoles, encadre leur utilisation pour limiter l'urbanisation et facilite l'accès des agriculteurs à ces terrains. Plusieurs amendements visant à donner plus de pouvoirs aux SAFER (Sociétés d'Aménagement Foncier et d'Établissement Rural) pour vérifier l'usage des terres ou contester des ventes abusives ont été rejetés, ce qui limite les garanties contre les conversions illégales ou les acquisitions par des investisseurs étrangers. En revanche, des mesures comme l'extension du droit de préemption des conseils municipaux ou la protection des terrains à intérêt patrimonial ont été adoptées. Pour les citoyens, cette loi pourrait favoriser une meilleure disponibilité des produits locaux, stabiliser les prix alimentaires et préserver les paysages ruraux. Le Rassemblement National [extrême droite] a voté massivement pour l'ensemble du texte, avec un soutien unanime sur tous les articles clés. Le groupe socialiste [centre gauche] et La France Insoumise-Nouveau Front Populaire [gauche] ont également adopté une position très favorable, sans opposition ni abstention sur aucun vote. Le groupe Horizons et apparentés [centre droit] et le groupe Écologiste [gauche] ont suivi la même tendance, avec un soutien sans réserve. Le groupe Ensemble pour la République [centre] a majoritairement soutenu le texte, mais s'est divisé sur l'article 4, où deux de ses membres ont voté contre. Le groupe Les Républicains [droite] a globalement voté pour, mais avec une abstention et un vote contre sur l'article 4, montrant une nuance dans son soutien. Le groupe Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires [centre] a également voté pour, avec une abstention sur l'ensemble du texte. Aucun groupe n'a manifesté d'opposition globale au texte, bien que certains aient exprimé des réserves ponctuelles.

Résumé généré par IA
14
Scrutins
6
Adoptés
8
Rejetés
49
Amendements
6 adoptés8 rejetés
39APRÈS ART. PREMIER

M. Echaniz

Ce sous amendement du groupe Socialistes et apparentés vise à clarifier la possibilité pour la Safer d’actionner une action en justice pour demander l’annulation d’une opération constitutive d’un abus de droit sur la base d’un faisceau d’indices résultant de la déclaration qui lui a été notifiée et de laisser ainsi aux parties prenantes à la vente le soin de s’en justifier auprès du juge judiciaire.

Déposé le 11 mars 2025PIONANR5L17BTC1027
38ART. PREMIER

M. Dufau

Cet amendement permet de renforcer l'obligation d'information sur les ventes de biens immobiliers agricoles tout en intégrant la dimension protection du patrimoine défendue par plusieurs autres amendements.

Déposé le 11 mars 2025PIONANR5L17BTC1027
37ART. 2

M. Dufau

Cet amendement de votre rapporteur vise à supprimer l'extension du droit de préemption aux communes en "zone tendue". Dès lors que la faculté d'étendre le droit de préemption des Safer sur certains bâtiments ayant eu un usage agricole est maintenu pour les communes où c'est indispensable, il n'est pas nécessaire d'ouvrir ce droit à toutes les communes en "zone tendue". En effet, il vaut mieux avancer au cas par cas, certaines communes en "zone tendue" n'étant pas significativement concernée par le droit de préemption des Safer.

Déposé le 11 mars 2025PIONANR5L17BTC1027
36ART. 2

M. Echaniz

Sous-amendement rédactionnel, remplacer le verbe "freiner" par "limiter" qui paraît plus approprié.

Déposé le 11 mars 2025PIONANR5L17BTC1027
35ART. PREMIER

M. Echaniz

Sous-amendement rédactionnel

Déposé le 11 mars 2025PIONANR5L17BTC1027
34ART. PREMIER

M. Echaniz

Déposé le 11 mars 2025PIONANR5L17BTC1027
33APRÈS ART. 2

le Gouvernement

Le rapporteur propose une troisième voie visant à ce que la SAFER puisse exercer « une préemption partielle permettant de conserver les terrains qui en constituent des dépendances indispensables et immédiates, sans que la surface de ces derniers terrains puisse être disproportionnée par rapport à la superficie de ces bâtiments ». Or la notion de « dépendance immédiate » est une notion fiscale prévue à l’article 1381 du code général des impôts portant sur la taxe foncière sur les propriétés bâties. Cela revient à lier le périmètre d’exercice de la préemption partielle à une notion fiscale avec un risque d’effet de bord important. En outre, le caractère disproportionné de la surface de ces terrains par rapport à la superficie des bâtiments manque de précision. Pour ces raisons, le présent sous-amendement propose une écriture plus souple qui laisse toute sa place à une négociation pragmatique entre la SAFER souhaitant exercer une préemption partielle et le propriétaire prêt à l’accepter, sous réserve que le périmètre autour du bien d’habitation soit correctement délimité.

Déposé le 11 mars 2025PIONANR5L17BTC1027
32ART. 2

le Gouvernement

En matière de bâtiments ayant changé de destination, il est proposé de supprimer l’extension du droit de préemption des SAFER aux communes mettant en place une taxe sur les logements vacants. Un tel zonage ne présente en effet aucun lien avec le champ de compétences des SAFER. En outre, il est du ressort des communes, en amont, de choisir les bâtiments agricoles autorisés à changer de destination et, en aval, avec les services de police et de justice et les services déconcentrés en charge de l’urbanisme, de participer à la lutte contre les changements illégaux de destination. Il est par ailleurs proposé de supprimer le 4ème alinéa permettant au préfet d’étendre ce droit de préemption à d’autres communes dans des conditions prévues par décret. Cette disposition couvre potentiellement un nombre très important de communes et présente un risque élevé d’application à la carte. Elle est par ailleurs entachée d’incompétence négative en ce qu’elle n’encadre pas suffisamment l’action du préfet.

Déposé le 11 mars 2025PIONANR5L17BTC1027
31APRÈS ART. 2

M. Benoit

En cohérence avec l'amendement déposé sur l'article 1er, ce sous-amendement vise à offrir aux propriétaires de demeures et bâtiments remarquables la possibilité de conserver les jardins et terrains d'exception qui sont indispensables à la préservation du patrimoine historique et culturel. Lorsqu'ils souhaitent vendre leur propriété, en permettant éventuellement l'acquisition séparée par les Safer des biens immobiliers agricoles ou des terrains nus à vocation agricole, ils ont ainsi la possibilité de proposer une séparation des biens plus respectueuse de la défense patrimoniale.

Déposé le 11 mars 2025PIONANR5L17BTC1027
30APRÈS ART. 2

M. Bourgeaux

Ce sous-amendement vise à préciser le lien entre les terrains qui peuvent être exclus de la préemption partielle, à l’initiative des propriétaires, et les immeubles non-agricoles sur lesquels la Safer ne dispose a priori pas de droit de préemption. La définition de ce que représente un terrain indispensable est également précisée pour garantir la protection des propriétés présentant un intérêt historique, culturel et patrimonial manifeste, qui est l’objectif premier de l’amendement du rapporteur qui réécrit le fonctionnement du droit de préemption partielle.

Déposé le 11 mars 2025PIONANR5L17BTC1027
29APRÈS ART. PREMIER

M. Chassaigne, M. Monnet, Mme Bourouaha, M. Bénard, M. Castor, Mme Faucillon, Mme K/Bidi, Mme Lebon, M. Lecoq, M. Maillot, M. Maurel, M. Nadeau, M. Peu, Mme Reid Arbelot, M. Rimane, M. Sansu et M. Tjibaou

Cet sous-amendement rédactionnel vise à clarifier la possibilité pour la Safer d’intenter une action en justice pour demander l’annulation d’une opération constitutive d’un abus de droit sur la base d’un faisceau d’indices résultant de la déclaration qui lui a été notifiée et de laisser ainsi aux parties prenantes à la vente le soin de s’en justifier auprès du juge judiciaire.

Déposé le 10 mars 2025PIONANR5L17BTC1027
6 (2ème Rect)ART. PREMIER

M. Bourgeaux, Mme Corneloup, M. Cordier, M. Nury, Mme Sylvie Bonnet, M. Brigand, M. Bony, M. Taite et M. Juvin

Le présent amendement vise à compléter les dispositions relatives à la distinction des biens immobiliers, en tenant compte des spécificités des terrains présentant un intérêt patrimonial ou environnemental particulier. Cette modification est motivée par plusieurs considérations juridiques et économiques. L'urbanisation rapide des dernières décennies a conduit à une réduction significative des terres agricoles, soulevant des préoccupations légitimes quant à la préservation des espaces naturels et agricoles. Toutefois, il serait inapproprié d'imputer cette responsabilité aux propriétaires de terrains ayant une vocation patrimoniale ou environnementale. Ces espaces, souvent intégrés à des propriétés historiques ou naturelles, constituent un patrimoine précieux qui mérite d'être protégé. En privant ces propriétaires de la majeure partie de leurs terrains, on créerait une situation préjudiciable. Une telle réduction entraînerait inévitablement une dépréciation, parfois très importante, de la valeur de leurs biens immobiliers. Cette dévaluation serait perçue comme une sanction sans fondement légitime. De plus, la dépréciation des biens immobiliers aurait des financières négatives pour les collectivités locales, dont les recettes dépendent en partie des droits d'enregistrement. En effet, les droits d'enregistrement perçus lors des transactions immobilières constituent une source de revenus importante pour les collectivités locales. Une diminution de la valeur des biens immobiliers entraînerait une réduction de ces droits, affectant ainsi les ressources financières des collectivités. Ces dernières utilisent ces fonds pour financer divers services publics et infrastructures locales. En conséquence, il est nécessaire d'exclure du dispositif les terrains présentant un intérêt patrimonial ou environnemental particulier. Cet amendement propose donc d'ajouter les exceptions suivantes : a) Les terrains qui font partie d’un ensemble immobilier, formé d’une ou plusieurs unités foncières appartenant au même propriétaire, dans lequel est situé un monument historique classé ou inscrit. Ces terrains contribuent à la préservation du patrimoine historique et culturel. Ils constituent un ensemble homogène qui peut être constitué d’une unité foncière d’un seule tenant ou dans certains cas de plusieurs unités foncières, du fait de la présence de voies ou de cours d’eau les traversant. b) Les terrains situés dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou d’un site classé ou inscrit au titre du Code de l’environnement. Ces terrains participent à la protection des paysages et des écosystèmes. c) Les terrains labélisés « Jardin remarquable » par le Ministère de la culture. Ces jardins représentent un patrimoine végétal et paysager exceptionnel. Ces mesures permettront de préserver ces espaces patrimoniaux et environnementaux, tout en garantissant une équité pour les propriétaires concernés et en maintenant les recettes des collectivités locales. Par conséquent, cet amendement vise à concilier la nécessité de préserver les terres agricoles avec le respect du patrimoine historique, culturel et naturel, tout en assurant une juste évaluation des biens immobiliers et en soutenant les finances locales.

Déposé le 7 mars 2025PIONANR5L17BTC1027
28 (Rect)APRÈS ART. 2

M. Dufau

Cet amendement vise à rendre applicables et opérationnelles les dispositions adoptées en commission.

Déposé le 7 mars 2025PIONANR5L17BTC1027
27ART. PREMIER

M. Dufau

Cet amendement vise à renforcer la transparence de l'information sur le marché des biens immobiliers agricoles ou ruraux.

Déposé le 7 mars 2025PIONANR5L17BTC1027
26APRÈS ART. 3 BIS

M. Potier

Déposé le 7 mars 2025PIONANR5L17BTC1027
25ART. 2

M. Armand

Déposé le 7 mars 2025PIONANR5L17BTC1027
24APRÈS ART. 2

M. Benoit et M. Henriet

Déposé le 7 mars 2025PIONANR5L17BTC1027
23APRÈS ART. 3 BIS

M. Dive

Déposé le 7 mars 2025PIONANR5L17BTC1027
22ART. 2

M. Dufau

Cet amendement vise à attribuer aux conseils municipaux, après délibération, la possibilité d'étendre le droit de préemption sur les bâtiments ayant eu un usage agricole ces 20 dernières années, sur leur commune. Les maires et leur conseil municipal semblent en effet mieux placés que les préfets pour évaluer le contexte de pression foncière et juger opportun lorsque ce droit de préemption doit être élargi.

Déposé le 7 mars 2025PIONANR5L17BTC1027
21ART. 3

M. Dufau

Cet amendement permet d'améliorer l'organisation et l'anticipation du droit de visite des Safer, en lien avec les commissaires du Gouvernement.

Déposé le 7 mars 2025PIONANR5L17BTC1027

Tous les amendements ont été chargés