Proposition de loi visant à restaurer l'autorité de la justice à l'égard des mineurs délinquants et de leurs parents
En clair
RÉSUMÉ Ce dossier porte sur une proposition de loi visant à renforcer l'autorité de la justice face à la délinquance des mineurs et à responsabiliser leurs parents. Plusieurs amendements ont été adoptés pour assouplir les règles d'atténuation des peines pour les mineurs de 16 à 18 ans, notamment en cas de récidive ou de crimes graves, permettant aux juges de prononcer des peines plus sévères. La loi facilite aussi les comparutions immédiates, réduit les délais de jugement pour les mineurs déjà connus de la justice, et permet désormais aux juges pour enfants de prononcer des peines de prison de moins d'un mois. Enfin, elle renforce la responsabilité parentale en instaurant des obligations de suivi ou des sanctions financières pour les parents dont les enfants commettent des infractions. L'objectif affiché est de briser plus rapidement les dynamiques délinquantes et d'accélérer les procédures judiciaires. Le groupe UMP [droite] a voté massivement en faveur du texte, avec 245 voix pour et seulement 2 abstentions, montrant un soutien sans réserve à ce durcissement des mesures judiciaires et parentales. Le groupe SOC [centre gauche] s'est opposé à l'unanimité, avec 127 voix contre, reflétant une opposition claire à cette orientation plus répressive. L'UC [centre] a majoritairement soutenu la loi, avec 114 voix pour et une seule abstention, illustrant une adhésion à une approche plus ferme tout en restant dans une logique modérée. Le groupe RTLI [centre droit] a également voté en faveur, avec 36 voix pour et une seule abstention, confirmant une convergence avec la droite sur ce sujet. Le groupe CRC [gauche] s'est opposé sans exception, avec 36 voix contre, marquant une opposition idéologique à ce durcissement. Le groupe LREM [centre] a voté très majoritairement pour, avec 35 voix pour et une abstention, montrant une adhésion à cette réforme malgré son positionnement centristes. Le groupe GEST [gauche] a rejeté le texte en bloc, avec 32 voix contre, confirmant une opposition frontale. Le groupe RDSE [centre] a montré une division interne, avec 2 voix pour, 24 contre et 4 abstentions, reflétant des positions contrastées au sein de ce groupe. Les non-inscrits (NI) ont voté à l'unanimité pour, avec 3 voix pour, sans opposition ni abstention.
Résumé généré par IAvisant à renforcer l'autorité de la justice à l'égard des mineurs délinquants et de leurs parents
Publiée au Journal officiel le 23 juin 2025
Mme Marie-Claire CARRÈRE-GÉE, Mme Catherine BELRHITI, M. Christian BRUYEN et 38 autres
En application de l’article L. 121-7 du code de la justice pénale des mineurs, les juridictions pour mineurs peuvent aujourd’hui décider, par une décision spécialement motivée, d’écarter l’application du principe d’atténuation des peines à des mineurs de seize à dix-huit ans. Force est néanmoins de constater qu’elles ne se saisissent que faiblement de cette faculté, et ce malgré l’accroissement préoccupant des niveaux de violence constatés dans les dossiers impliquant des mineurs. Dans contexte, le présent amendement propose un renversement plus ambitieux du principe d’atténuation des peines : celui-ci ne serait pas applicable par principe aux mineurs de 16 à 18 ans lorsqu’un délit puni d'une peine d'au moins trois ans d'emprisonnement, voire un crime, a été commis en état de récidive légale. Par cohérence, le présent amendement supprime par ailleurs la précision selon laquelle la décision de déroger à l’excuse de minorité est « exceptionnelle ».
Mme Marie-Claire CARRÈRE-GÉE, Mme Catherine BELRHITI, M. Christian BRUYEN et 39 autres
Le texte transmis au Sénat mettait en place, comme l’a relevé le rapporteur de la commission des lois, un système de comparution immédiate qui risquait d’être peu utilisé sous l’effet d’une rédaction réservant le recours à cette nouvelle procédure à l’hypothèse dans laquelle le mineur faisait l’objet d’une demande de placement en détention provisoire – ce qui la rendait, dans les faits, presque inapplicable pour les mineurs âgés de moins de 16 ans. Afin d’aller dans le sens d’une accélération de la réponse pénale, le présent amendement tend à mettre en place une comparution immédiate plus large, permettant de toucher tous les mineurs déjà connus de la justice, y compris dans le cadre d’une simple mesure éducative, dès lors qu’ils encourent une peine d’emprisonnement de trois ans, pour les mineurs de plus de seize ans, ou de cinq ans, pour les mineurs de moins de seize ans. Il prévoit par ailleurs la possibilité d’une surveillance du mineur (contrôle judiciaire ou assignation à résidence), voire d’un placement en détention provisoire, dans l’hypothèse où la comparution ne peut avoir lieu le jour même. Il permet également de soumettre le mineur, lorsqu’il refuse la comparution immédiate, à une mesure de sûreté (détention provisoire, contrôle judiciaire, etc.) et de prévoir qu’il sera jugé dans un délai plus bref que dans le droit commun, compris entre dix jours et un mois.
Mme Salama RAMIA, M. Teva ROHFRITSCH, Mme Patricia SCHILLINGER, M. François PATRIAT, M. Bernard BUIS, M. Frédéric BUVAL, Mme Samantha CAZEBONNE, Mme Nicole DURANTON, M. Stéphane FOUASSIN, Mme Nadège HAVET, M. Mikaele KULIMOETOKE, M. Jean-Baptiste LEMOYNE, M. Martin LÉVRIER, Mme Solanges NADILLE, M. Georges PATIENT, Mme Marie-Laure PHINERA-HORTH, M. Didier RAMBAUD, M. Dominique THÉOPHILE
Cet amendement vise à rétablir l'article 2 dans sa rédaction adoptée par l'Assemblée nationale lors de l'examen en première lecture.
Mme Dominique VÉRIEN, M. Jean-Michel ARNAUD, M. Olivier BITZ, Mme Isabelle FLORENNES, M. Hervé MARSEILLE, M. Paul Toussaint PARIGI, Mme Anne-Sophie PATRU, Mme Olivia RICHARD, Mme Lana TETUANUI, Mme Jocelyne GUIDEZ, M. Vincent DELAHAYE, M. Jean-Marie MIZZON, M. Alain DUFFOURG, Mme Brigitte DEVÉSA, M. Bernard DELCROS, Mme Nadia SOLLOGOUB, Mme Marie-Lise HOUSSEAU, Mme Anne-Sophie ROMAGNY, M. Laurent LAFON, Mme Annick JACQUEMET, Mme Christine HERZOG, Mme Annick BILLON, Mme Sonia de LA PROVÔTÉ
Le présent amendement vise à rétablir le présent article dans sa rédaction adoptée par l'Assemblée nationale lors de l'examen en première lecture.
Mme Dominique VÉRIEN, M. Jean-Michel ARNAUD, M. Olivier BITZ, Mme Isabelle FLORENNES, M. Hervé MARSEILLE, M. Paul Toussaint PARIGI, Mme Anne-Sophie PATRU, Mme Olivia RICHARD, Mme Lana TETUANUI, M. Jean-Marie MIZZON, M. Vincent DELAHAYE, Mme Jocelyne GUIDEZ, M. Alain DUFFOURG, Mme Brigitte DEVÉSA, M. Bernard DELCROS, Mme Nadia SOLLOGOUB, Mme Marie-Lise HOUSSEAU, Mme Anne-Sophie ROMAGNY, M. Laurent LAFON, Mme Annick JACQUEMET, Mme Christine HERZOG, Mme Annick BILLON, Mme Sonia de LA PROVÔTÉ
Le présent amendement vise à restreindre les possibilités de remplacement du recueil de renseignements socio-éducatifs par une note de situation actualisée au seul cas où un suivi dans le cadre pénal est en cours (en supprimant donc la référence à un suivi en assistance éducative).
Mme Lauriane JOSENDE, M. Georges NATUREL, M. Jean-Jacques PANUNZI et 43 autres
La « césure » du procès pénal pour les mineurs a pour effet de retarder la survenue d’une sanction et peut, en tant que telle, créer chez les plus jeunes un sentiment d’impunité. Si le code de la justice pénale des mineurs permet de déroger à cette « césure » et de recourir à une audience unique, force est de constater que cette faculté est aujourd’hui étroitement encadrée et peu utilisée par les parquets. Cette situation est défavorable à la répression effective des infractions commises par les mineurs, étant rappelé que l’audience unique semble favoriser une réponse pénale plus sévère : comme en témoigne le bilan statistique du code de la justice pénale des mineurs établi en 2023, après 15 mois de mise en œuvre, 89 % d’audiences uniques menées à l’initiative du parquet ont donné lieu au prononcé d’une peine, contre 39 % des audiences de prononcé de la sanction en cas de « césure ». Pour faciliter le recours à la procédure d’audience unique, le présent amendement abaisse le quantum de peine encouru à compter duquel un mineur peut être jugé sans « césure » à l’initiative du parquet : il s’agirait d’une peine d’emprisonnement de trois ans (contre cinq actuellement) pour les 13-16 ans, et d’un an (contre trois actuellement) pour les mineurs de plus de 16 ans.
Mme Marie-Claire CARRÈRE-GÉE, Mme Catherine BELRHITI, M. Christian BRUYEN et 38 autres
Le présent amendement vise à réformer le régime de prononcé des peines d’emprisonnement dans le cadre du Code de la justice pénale des mineurs, afin de réaffirmer le principe d’individualisation de la peine et d’autoriser, lorsque la gravité des faits et la personnalité du mineur l’exigent, le prononcé de courtes et ultra-courtes peines d’emprisonnement. La refonte du droit des peines opérée par la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019 a interdit le prononcé de peines inférieures ou égales à un mois. Cette contrainte, appliquée systématiquement aux mineurs, assujettit leur régime pénal à celui des majeurs et prive le juge d’un outil essentiel pour prévenir l’escalade délinquante. Le présent amendement vise à rendre possible des sanctions protectrices pour le mineur, en permettant de le soustraire le mineur à un environnement criminogène et de réaliser une évaluation approfondie de sa situation personnelle. En effet, une courte peine offre la possibilité d’évaluer l’ensemble des problématiques sous-jacentes auxquelles est confronté le mineur : - est-il en danger ? - présente-t-il des troubles médicaux ou psychologiques nécessitant une prise en charge ? - est-il victime de chantage, de violences parentales ou d’une influence délétère ? Cette réaction immédiate permet de stopper une atteinte, sans empêcher la mise en place d’un suivi éducatif adapté à la situation du mineur. Elle brise ainsi une dynamique de délinquance avant qu’elle ne s’aggrave, tout en garantissant une réponse judiciaire proportionnée, rapide et efficace. Il est donc souhaitable de confier au tribunal pour enfants – et, si nécessaire, à la cour d’assises des mineurs – la possibilité de prononcer des courtes et ultra-courtes peines, par une décision spéciale et motivée, afin de garantir une justice adaptée aux besoins des mineurs et à la gravité des faits commis.
Mme Dominique VÉRIEN, Mme Olivia RICHARD, Mme Jocelyne GUIDEZ, M. Vincent DELAHAYE, M. Jean-Marie MIZZON, Mme Isabelle FLORENNES, Mme Sonia de LA PROVÔTÉ, Mme Annick BILLON, Mme Christine HERZOG, Mme Annick JACQUEMET, M. Laurent LAFON, Mme Anne-Sophie ROMAGNY, Mme Marie-Lise HOUSSEAU, Mme Nadia SOLLOGOUB, M. Bernard DELCROS, Mme Brigitte DEVÉSA, M. Alain DUFFOURG
La commission des lois a ouvert la possibilité, pour l'assureur, de faire participer les parents d'un mineur ayant causé des dommages à l'indemnisation financière de ce dommage. Le présent amendement vise à préciser que cette participation à l’indemnisation du dommage sera due par les deux parents du mineur.
Mme Dominique VÉRIEN, M. Jean-Michel ARNAUD, M. Olivier BITZ, Mme Isabelle FLORENNES, M. Hervé MARSEILLE, M. Paul Toussaint PARIGI, Mme Anne-Sophie PATRU, Mme Lana TETUANUI, Mme Jocelyne GUIDEZ, M. Vincent DELAHAYE, M. Jean-Marie MIZZON, Mme Sonia de LA PROVÔTÉ, Mme Annick BILLON, Mme Christine HERZOG, Mme Annick JACQUEMET, M. Laurent LAFON, Mme Anne-Sophie ROMAGNY, Mme Marie-Lise HOUSSEAU, M. Bernard DELCROS, Mme Brigitte DEVÉSA, M. Alain DUFFOURG, Mme Nadia SOLLOGOUB
Le présent amendement vise à rétablir l'intitulé de la proposition de loi dans sa rédaction adoptée par l'Assemblée nationale lors de l'examen en première lecture.
Mme Dominique VÉRIEN, M. Jean-Michel ARNAUD, M. Olivier BITZ, Mme Isabelle FLORENNES, M. Hervé MARSEILLE, M. Paul Toussaint PARIGI, Mme Anne-Sophie PATRU, Mme Lana TETUANUI, Mme Jocelyne GUIDEZ, M. Vincent DELAHAYE, M. Jean-Marie MIZZON, Mme Sonia de LA PROVÔTÉ, Mme Annick BILLON, Mme Christine HERZOG, Mme Annick JACQUEMET, M. Laurent LAFON, Mme Anne-Sophie ROMAGNY, Mme Marie-Lise HOUSSEAU, Mme Nadia SOLLOGOUB, M. Bernard DELCROS, Mme Brigitte DEVÉSA, M. Alain DUFFOURG
Le présent amendement vise à rétablir le présent article dans sa rédaction adoptée par l'Assemblée nationale lors de l'examen en première lecture.
Mme Dominique VÉRIEN, M. Jean-Michel ARNAUD, M. Olivier BITZ, Mme Isabelle FLORENNES, M. Hervé MARSEILLE, M. Paul Toussaint PARIGI, Mme Anne-Sophie PATRU, Mme Lana TETUANUI, Mme Jocelyne GUIDEZ, M. Vincent DELAHAYE, M. Jean-Marie MIZZON, Mme Sonia de LA PROVÔTÉ, Mme Annick BILLON, Mme Christine HERZOG, Mme Annick JACQUEMET, M. Laurent LAFON, Mme Anne-Sophie ROMAGNY, Mme Marie-Lise HOUSSEAU, Mme Nadia SOLLOGOUB, M. Bernard DELCROS, Mme Brigitte DEVÉSA, M. Alain DUFFOURG
Le présent amendement vise à rétablir le présent article dans sa rédaction adoptée par l'Assemblée nationale lors de l'examen en première lecture.
Mme Dominique VÉRIEN, M. Jean-Michel ARNAUD, M. Olivier BITZ, Mme Isabelle FLORENNES, M. Hervé MARSEILLE, M. Paul Toussaint PARIGI, Mme Anne-Sophie PATRU, Mme Lana TETUANUI, Mme Jocelyne GUIDEZ, M. Vincent DELAHAYE, M. Jean-Marie MIZZON, Mme Sonia de LA PROVÔTÉ, Mme Annick BILLON, Mme Christine HERZOG, Mme Annick JACQUEMET, M. Laurent LAFON, Mme Anne-Sophie ROMAGNY, Mme Marie-Lise HOUSSEAU, Mme Nadia SOLLOGOUB, M. Bernard DELCROS, M. Alain DUFFOURG, Mme Brigitte DEVÉSA
Le présent amendement vise à rétablir le présent article dans sa rédaction adoptée par l'Assemblée nationale lors de l'examen en première lecture.
Mme Marie-Do AESCHLIMANN, M. Jean-Jacques PANUNZI, Mme Laurence MULLER-BRONN et 39 autres
Dans l'objectif d'impliquer davantage les parents dans la réparation d'un dommage causé par leur enfant mineur sans pour autant sanctionner indirectement les victimes de ce dommage, la commission des lois a amendé l’article 3 du présent texte afin de permettre à l'assureur de les faire participer, dans certains cas, à l'indemnisation financière de ce dommage à hauteur d'un montant maximal de 7 500 euros. Tel qu’amendé par la commission, le dispositif n’est qu’une faculté ouverte aux assureurs, qui pourront ainsi juger de la pertinence ou non de faire valoir ce « reste à charge », notamment pour tenir compte de la solvabilité du parent. Sans revenir sur ce principe, le présent amendement vise à éviter que la participation des parents à l’indemnisation d’un dommage causé à l’occasion de la commission d’une infraction pénale par leur enfant mineur ne soit utilisée comme argument commercial, dans un contexte concurrentiel. Ainsi, toute clause contractuelle par laquelle l’assureur s’engagerait, par principe et sans évaluation au cas par cas, à ne pas réclamer auprès du parent le reste à charge que la loi lui permet de solliciter, serait réputée nulle et non écrite.
Mme Marie-Do AESCHLIMANN, Mme Dominique ESTROSI SASSONE, M. Jean-Jacques PANUNZI et 34 autres
Le présent amendement vise à aligner les sanctions financières civiles et pénales applicables aux parents qui ne défèrent pas aux convocations du juge. L'amende civile actuellement encourue par les personnes qui ne défèrent pas à certaines convocations du juge civil - principalement, le juge des tutelles - est de 10 000 euros. Conformément à l’article 387‑6 du code civil et à l’article 1180-19 du code de procédure civile, elle peut s'appliquer aux parents dans le cas où ils seraient convoqués par le juge des tutelles en tant qu'administrateurs légaux des biens de leur enfant mineur et qu'ils refuseraient d'y déférer. En revanche, l'amende encourue par les parents qui ne défèrent pas aux convocations du juge des enfants statuant en matière pénale s'élève, conformément à l'article L. 311-5 du code de la justice pénale des mineurs, à 3 750 euros, soit le montant minimal applicable aux délits. Il s’agit de la même amende que celle qu’encourent les témoins ou les jurés qui refusent de déférer aux convocations d’une cour d’assises (articles 288 et 326 du code de procédure civile). Considérant, d’une part, que les parents ont des obligations légales supérieures aux témoins et jurés en raison des « devoirs » (art. 371-1 du code civil) inhérents à l’exercice de l’autorité parentale et, d’autre part, qu’il résulte une incohérence du net décalage entre les sanctions civile et pénale applicables aux parents qui ne défèrent pas aux convocations du juge, le présent amendement réhausse l’amende que le juge des enfants statuant en matière pénale peut prononcer à l’égard des parents. L’amende pourrait ainsi atteindre 7 500 euros, soit le deuxième niveau d’amende que le code pénal prévoit en cas de délit.
M. Marc-Philippe DAUBRESSE, M. Christophe-André FRASSA, Mme Agnès CANAYER et 25 autres
Cet amendement vise à modifier, à titre expérimental, la composition du tribunal pour enfants en doublant le nombre d’assesseurs siégeant auprès du juge des enfants lorsque le TPE statue en matière criminelle. L’objectif de cette modification législative est de renforcer l'implication et le rôle de la société dans la prise de décision à l'égard des mineurs, d’associer davantage les citoyens au sein de la justice des mineurs et de renforcer le caractère solennel de l’audience. Cette expérimentation se déroulera sur une durée de 18 mois. Le Gouvernement est chargé de rendre compte de cette expérimentation auprès du Parlement.
M. Marc-Philippe DAUBRESSE, M. Christophe-André FRASSA, Mme Agnès CANAYER et 28 autres
Cet amendement vise à préciser la marche à suivre lorsqu’un mineur ne respecte pas les modalités du suivi éducatif ordonné dans le cadre d’une mesure éducative judiciaire provisoire. Il est prévu un avis systématique des représentants légaux et de l’autorité judiciaire, pour lui permettre d’apporter une réponse à ce manquement, ainsi que la transmission d’un procès-verbal. L’amendement ajoute également la possibilité pour le juge des enfants de procéder à un rappel des obligations en cas de non-respect de la mesure éducative judiciaire provisoire, soit après une note d’incident du service éducatif soit après avoir été avisé d’une violation d’une interdiction par un service d’enquête.
M. Marc-Philippe DAUBRESSE, M. Christophe-André FRASSA, Mme Agnès CANAYER et 28 autres
Cet amendement vise à permettre le placement en rétention d’un mineur qui ne respecterait pas les interdictions de la mesure éducative judiciaire provisoire. Ce placement en rétention permettrait de conduire le mineur directement devant le juge des enfants afin que ce dernier procède s’il le juge opportun à un rappel des obligations ou qu’il envisage le prononcé d’une mesure de sûreté (contrôle judiciaire ou assignation à résidence sous surveillance électronique). Ce placement en rétention serait envisageable sous réserve que les conditions de placement sous contrôle judiciaire soient remplies et avec d’éventuelles garanties supplémentaires, notamment sur la durée de la rétention fixée à 12 heures. Ces garanties sont indispensables, faute de quoi la MEJP offrirait un niveau de contrainte quasi équivalent à une mesure de sûreté, sans être subordonnée aux mêmes conditions s’agissant de son prononcé (risque de censure constitutionnelle sur le fondement du principe de primauté de l’éducatif).
M. Marc-Philippe DAUBRESSE, M. Christophe-André FRASSA, M. Christian BRUYEN et 29 autres
Cet amendement vise à créer une nouvelle obligation afin que le mineur soit contraint de se présenter à une autorité, dans le cadre de la mesure éducative judiciaire provisoire (MEJP). Cette obligation, qui consiste le plus souvent en une présentation régulière auprès des forces de police ou de gendarmerie, revêtirait une dimension symbolique forte. Elle permettrait en effet de rappeler de façon fréquente au mineur le cadre de la mesure dont il fait l’objet, outre qu’elle offre un levier pour garantir sa présence en lieu déterminé et contribue à garantir sa représentation. Le non-respect de cette obligation pourrait en outre constituer une alerte s’agissant d’un décrochage du mineur vis-à-vis de la mesure, de façon rapide et complémentaire aux difficultés qui pourraient être repérées dans le cadre de l’accompagnement effectué par les services de la protection judiciaire de la jeunesse.
M. Marc-Philippe DAUBRESSE, Mme Jacqueline EUSTACHE-BRINIO, M. Henri LEROY et 25 autres
Cet amendement vise à élargir l’obligation de couvre-feu, déjà comprise dans la mesure éducative judiciaire (MEJ) et dans la mesure éducative judiciaire provisoire (MEJP), aux alternatives aux poursuites afin de permettre au procureur de la République de demander au mineur de ne pas aller et venir sur la voie publique entre 22 heures et 6 heures sans être accompagné de l’un de ses représentants légaux. L’objectif de cette modification législative est d’imposer une interdiction protectrice et structurante afin d’éviter le regroupement de mineurs de nuit. Les alternatives aux poursuites permettent par ailleurs une réponse pénale rapide à la commission de faits de faible gravité.
M. Marc-Philippe DAUBRESSE, M. Christophe-André FRASSA, M. Christian BRUYEN et 27 autres
Cet amendement vise à modifier l’article 7 afin de ne pas limiter la possibilité de placer un mineur en détention provisoire dans le cadre d’une information judiciaire. En effet, en modifiant l’article L. 322-5 du code de la justice pénale des mineurs, qui se situe au sein du Livre III intitulé « Dispositions communes aux différentes phases de la procédure pénale », cette nouvelle exigence de transmission d’un rapport éducatif de moins d’un an (en plus du recueil de renseignements socio-éducatifs) au juge des libertés et de la détention ne s’appliquera pas seulement aux décisions de placement/prolongation de détention provisoire dans le cadre d’une procédure d’audience unique, mais également à celles intervenant dans le cadre d’une procédure d’instruction. Une telle disposition rendrait de fait impossible, y compris dans le cadre d’une information judiciaire, la saisine d’un juge des libertés et de la détention (et avant des réquisitions en ce sens) pour un mineur inconnu ou pour lequel le dernier rapport éducatif date de plus d’un an. Il est proposé en conséquence de limiter explicitement l’exigence d’un tel rapport, avant toute décision relative à la détention provisoire, pour les seuls mineurs poursuivis selon la procédure de jugement en audience unique.
Tous les amendements ont été chargés