Proposition de loi visant à lutter contre les discriminations par la pratique de tests individuels et statistiques
Commissions saisies
En clair
Cette proposition de loi vise à renforcer la lutte contre les discriminations en autorisant deux méthodes complémentaires : le testing individuel et le testing statistique. Le texte adopté à l'Assemblée nationale autorise ces tests uniquement dans les grandes organisations employant au moins 1 000 salariés ou agents publics, une restriction qui limite leur portée. L'objectif est de mieux objectiver les discriminations, notamment dans l'accès à l'emploi, au logement ou aux services, en s'appuyant sur des données quantitatives. Le Sénat doit maintenant examiner cette version avant une éventuelle adoption définitive. Si le texte est approuvé sans modification, il pourra entrer en vigueur, sinon des navettes parlementaires supplémentaires seront nécessaires. Le groupe UMP (Les Républicains) [droite] s'est montré très favorable à l'ensemble du texte, votant systématiquement pour lors des scrutins clés. Le groupe SOC (Socialiste, Écologiste et Républicain) [centre gauche] s'est opposé à la proposition de loi, rejetant tous les amendements et votant contre le texte final. L'UC (Union Centriste) [centre] a adopté une position très favorable, votant pour sans aucune abstention. Le groupe LREM (Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants) [centre] a également voté en bloc pour le texte. Le groupe RTLI (Les Indépendants - République et Territoires) [centre] a partagé cette position très favorable. Le groupe CRC (Communiste Républicain Citoyen et Écologiste - Kanaky) [gauche] s'est opposé systématiquement au texte. Le groupe GEST (Écologiste - Solidarité et Territoires) [centre gauche] a également rejeté la proposition de loi. Enfin, le groupe RDSE (Rassemblement Démocratique et Social Européen) [centre] a majoritairement choisi de s'abstenir, avec une abstention dominante.
Résumé généré par IAM. Olivier RIETMANN, Mme Dominique ESTROSI SASSONE, M. Cédric PERRIN et 28 autres
La fiabilité d’un test statistique étant étroitement corrélée à la taille de l’échantillon utilisé, le présent amendement restreint leur usage aux seules organisations de plus de 1 000 personnes (qu’il s’agisse de salariés ou d’agents publics).
Cet amendement vise à rétablir la version initiale de l’article 1er. Cet article pose l’esprit et les principes de cette proposition de loi : tester, dialoguer et corriger les discriminations en matière d’accès à l’emploi, au logement et aux biens et services publics ou privés, domaines où la grande majorité des discriminations s’exercent. Cette proposition de loi prévoit la généralisation de la méthode du testing sous la forme de la systématisation du testing statistique et la possibilité pour une victime potentielle de discrimination de demander la réalisation d’un test individuel. La généralisation du testing statistique aurait une triple utilité. Elle permettrait de renforcer l’objectivation de ces phénomènes et fournirait un constat factuel et clair sur la situation des discriminations ; elle servirait d’indicateur de l’efficacité des politiques publiques de lutte contre les discriminations ; elle permettrait d’ouvrir le dialogue avec les entreprises : le testing statistique servirait de fondement à une réponse graduelle et contractualisée entre la puissance publique et les entreprises. Les entreprises discriminantes devraient modifier leurs pratiques dans le cadre d’un engagement pris avec l’Etat. Dans le cas inverse, elles feraient l’objet d’une double sanction : les résultats des tests seront publiés et une sanction financière serait également appliquée. La principale innovation de cette proposition de loi est de faire du testing non plus seulement l’instrument du constat mais le fondement de mesures correctrices des discriminations. La possibilité pour une victime potentielle de faire réaliser par la puissance publique un test individuel permettrait quant à elle de participer à résorber le fossé entre la réalité des faits discriminatoires et la quasi-absence de condamnations pour des faits de discriminations. Si l’arsenal législatif est aujourd’hui très complet, il manque très largement d’effectivité. L’accompagnement individualisé des victimes potentielles dans l’accès à un moyen de preuve serait un instrument supplémentaire et concret de renforcement de l’effectivité du droit de la non-discrimination.
Mme Corinne NARASSIGUIN, Mme Marie-Pierre de LA GONTRIE, M. Patrick KANNER, M. Jérôme DURAIN, M. Hussein BOURGI, M. Christophe CHAILLOU, Mme Laurence HARRIBEY, M. Éric KERROUCHE, Mme Audrey LINKENHELD, M. Pierre-Alain ROIRON
Les auteurs de cet amendement souhaitent rétablir la version initiale de l'alinéa 1 de l'article 1er. Cet alinéa mérite en effet d'être étoffé, pour des raisons pratiques et symboliques. Afin que cette proposition de loi reste fidèle à son esprit et à son objectif, il est impératif que "la correction des situations de discriminations" figure parmi les missions confiées à ce futur service. La lutte contre toutes les formes de discrimination passe nécessairement par l'utilisation de moyens spécifiques visant à changer certains comportements. En outre, l'accès à l'emploi, au logement, ainsi qu'aux biens et services publics ou privés est un sujet hautement prioritaire des progrès qu'il reste à accomplir. A ce titre, il convient de s'assurer qu'ils figurent dans le champ d'intervention du service.