Proposition de résolution européenne tendant à renforcer les moyens de contrôle des sénateurs, conforter les droits des groupes politiques, et portant diverses mesures de clarification et de simplification
En clair
RÉSUMÉ Ce dossier porte sur une proposition de résolution européenne visant à renforcer les moyens de contrôle des sénateurs, clarifier les droits des groupes politiques et simplifier certaines procédures au Sénat. Le texte a été adopté, ce qui signifie que des mesures comme l'adaptation des modalités de vote pour les sénateurs en situation de handicap ou la précision des règles de déplacement de travail entreront en vigueur. En revanche, plusieurs amendements ont été rejetés, comme ceux sur l'indexation des salaires des collaborateurs parlementaires ou la suppression du vote par assis et levé, ce qui limite les avancées en matière de transparence ou d'inclusivité. Pour les citoyens, l'impact principal réside dans une possible amélioration de l'efficacité du travail parlementaire et de la représentation des groupes politiques, sans changement direct sur leurs droits ou obligations. Les groupes de droite et du centre [UMP, UC, RTLI, LREM, RDSE] ont voté massivement en faveur du texte, avec des scores d'approbation unanimes ou quasi unanimes. Le groupe CRC [gauche] s'est abstenu dans sa totalité, tout comme le SOC [centre gauche] et le GEST [gauche], qui ont également choisi l'abstention sur l'ensemble du texte. Aucun groupe n'a exprimé d'opposition formelle, mais les groupes de gauche ont marqué une distance en s'abstenant plutôt qu'en votant contre.
Résumé généré par IAM. Jean-Michel ARNAUD, M. Pierre-Antoine LEVI, Mme Anne-Sophie PATRU, Mme Dominique VÉRIEN, M. Michel LAUGIER, Mme Christine HERZOG, M. Jean-Marie MIZZON, Mme Isabelle FLORENNES, M. Claude KERN, Mme Annick BILLON
La notion de déplacement de travail est insuffisamment précise et pourrait être source d'insécurité juridique pour les parlementaires. Aussi, le présent amendement propose de renvoyer au Bureau du Sénat le soin de définir les invitations à des déplacements qui présentent un lien avec l'exercice du mandat.
M. Michel MASSET, M. Christian BILHAC, Mme Sophie BRIANTE GUILLEMONT, M. Henri CABANEL, Mme Maryse CARRÈRE, M. Raphaël DAUBET, M. Bernard FIALAIRE, M. Éric GOLD, Mme Véronique GUILLOTIN, M. André GUIOL, Mme Mireille JOUVE, M. Ahmed LAOUEDJ, Mme Guylène PANTEL, M. Jean-Yves ROUX, M. Jean-Marc RUEL
Le présent amendement d’appel propose plusieurs mesures de nature à renforcer l’acceptabilité et la transparence des décisions d’irrecevabilité sur le fondement de l’article 45 de la Constitution. Le contrôle par les assemblées des cavaliers législatifs s’est drastiquement renforcé depuis 2019 sans qu’une modification du Règlement de même ampleur ne soit intervenue. Si les règles qui permettent à la commission saisie au fond de déclarer des amendements irrecevables sur le fondement de l’article 45 de la Constitution sont inscrites depuis 1959, c’est seulement par ses conclusions du 20 février 2019 que la Conférence des Présidents du Sénat avait incité les commissions à contrôler les cavaliers législatifs avec plus de rigueur. Au Sénat, en moyenne, près de 2 % des amendements de séance sont déclarés irrecevables sur le fondement de l’interdiction des cavaliers, 3 % en commission. Ce contrôle, s’il s’inscrit dans une volonté légitime et bienvenue d’améliorer nos débats et d’éviter des censures trop importantes par le Conseil constitutionnel sur ce même fondement, souffre toutefois à la fois d’un manque de motivation et de l’absence de recours. La pratique conduit à une acceptabilité parfois mise à mal des décisions et à un manque de transparence vis-à-vis des citoyens, les amendements irrecevables n’étant pas distribués. Les informations transmises par les commissions concernant le périmètre indicatif du texte n’offrent pas non plus les explications suffisantes pour comprendre la motivation de ces choix. Cette modalité de contrôle des cavaliers est d’autant plus regrettable qu’elle ne parvient pas à purger convenablement les textes de ces irrecevabilités, comme la jurisprudence récente du Conseil constitutionnel l’a démontré, par exemple dans ses décisions relatives à la loi pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration ou la loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture. C’est pourquoi, le présent amendement entend améliorer la compréhension par les Sénateurs des décisions d’irrecevabilité, en leur offrant, deux fois par session, la possibilité d’en demander une justification renforcée. De plus, il permet aux groupes politiques de demander, deux fois par session, de contester la décision de la commission devant la Conférence des Présidents qui statue alors en dernier ressort.
M. Michel MASSET, M. Christian BILHAC, Mme Sophie BRIANTE GUILLEMONT, M. Henri CABANEL, Mme Mireille CONTE JAUBERT, M. Raphaël DAUBET, M. Bernard FIALAIRE, M. Éric GOLD, M. André GUIOL, Mme Mireille JOUVE, M. Ahmed LAOUEDJ, Mme Guylène PANTEL, M. Jean-Yves ROUX
Cet amendement vise à améliorer l’efficacité et l’égalité des groupes dans le travail législatif des sénateurs. D’une part, il permet que chaque groupe politique puisse désigner un collaborateur de groupe ou de sénateur qui puisse assister aux réunions et auditions dans le cadre du travail législatif. Les informations échangées lors des réunions de commissions sont primordiales au bon déroulement du suivi législatif. La règle selon laquelle les collaborateurs de groupe ne sont pas autorisés à assister à ces réunions en l’absence d’un sénateur de leur groupe rompt l’égalité de traitement des groupes en fonction de leur taille dans le partage de l’information. D’autre part, cet amendement propose d’ouvrir les auditions des rapporteurs à un collaborateur par groupe politique. Dans le même sens que pour les réunions de commission, cette mesure permettrait aux plus petits groupes politiques de pouvoir assurer un suivi convenable du travail législatif. En effet, les auditions sont souvent insérées dans un calendrier contraint, notamment dû à l’accélération de l’examen des textes, ce qui empêche les sénateurs des petits groupes de pouvoir assister à toutes les auditions pour lesquelles ils auraient souhaité entendre les auditionnés. La mesure permettra en outre de renforcer la délibération sur les rapports en assurant un même niveau d’information à tous les groupes.
Mme Maryse CARRÈRE, M. Christian BILHAC, Mme Sophie BRIANTE GUILLEMONT, M. Henri CABANEL, Mme Mireille CONTE JAUBERT, M. Raphaël DAUBET, M. Bernard FIALAIRE, M. Éric GOLD, M. Philippe GROSVALET, Mme Véronique GUILLOTIN, M. André GUIOL, Mme Mireille JOUVE, M. Ahmed LAOUEDJ, M. Michel MASSET, Mme Guylène PANTEL, M. Jean-Yves ROUX, M. Jean-Marc RUEL
Cet amendement propose d'ajuster le temps de parole alloué, en séance publique, au rapporteur et aux groupes dans le cadre de la procédure de législation en commission. Ainsi, le temps de parole du rapporteur serait ramené de 7 à 5 minutes et celui des groupes de 5 à 4 minutes. La procédure de législation en commission, instaurée afin d'alléger la séance publique, permet toutefois un examen approfondi du texte et des amendements. Aussi, la réduction du temps de parole en séance publique contribue à l'objectif de rationalisation poursuivi par cette procédure sans porter atteinte à la qualité du débat démocratique.
Mme Maryse CARRÈRE, M. Christian BILHAC, Mme Sophie BRIANTE GUILLEMONT, M. Henri CABANEL, Mme Mireille CONTE JAUBERT, M. Raphaël DAUBET, M. Bernard FIALAIRE, M. Éric GOLD, M. Philippe GROSVALET, Mme Véronique GUILLOTIN, M. André GUIOL, Mme Mireille JOUVE, M. Ahmed LAOUEDJ, M. Michel MASSET, Mme Guylène PANTEL, M. Jean-Yves ROUX, M. Jean-Marc RUEL
L'article 17 bis pose comme règle un minimum de deux semaines entre la réunion de la commission saisie au fond pour l'établissement de son texte, et la discussion en séance publique. La Conférence des Présidents peut déroger à cette règle. Force est de constater que l'exception est devenue la règle. Très peu de textes sont en effet examinés selon la règle générale. A titre d'exemple, la Conférence des Présidents du 19 mars 2025 prévoit un délai d'une semaine pour 18 textes et seulement deux textes bénéficient d'une délai de deux semaines entre le passage en commission et l'examen dans l'hémicycle. Aussi, cet amendement vise à forcer le respect de la règle générale afin de permettre aux sénateurs et aux groupes de juger le texte et d'exercer leur droit d'amendement dans de meilleures conditions. En effet, le délai dérogatoire d'une semaine devenu l'usage courant laisse trois jours ouvrables pour le dépôt d'amendements et l'appréciation du texte élaboré en commission. C'est peu au regard de la nécessité de bien légiférer, d'une part, et défavorable aux plus petits groupes qui n'ont pas nécessairement les ressources humaines pour gérer ces délais contraints, d'autre part. Dans son exposé des motifs, la proposition de résolution visant notamment à préserver la qualité du débat parlementaire, il est primordial de consacrer le délai raisonnable mentionné à l'article 17 bis.
Mme Maryse CARRÈRE, M. Christian BILHAC, Mme Sophie BRIANTE GUILLEMONT, M. Henri CABANEL, M. Raphaël DAUBET, M. Bernard FIALAIRE, M. Éric GOLD, M. Philippe GROSVALET, Mme Véronique GUILLOTIN, M. André GUIOL, Mme Mireille JOUVE, M. Ahmed LAOUEDJ, M. Michel MASSET, Mme Guylène PANTEL, M. Jean-Yves ROUX, M. Jean-Marc RUEL
Cet amendement vise à permettre la présence d'un membre du secrétariat d'un groupe politique aux réunions des commissions, même en l'absence de sénateur du groupe. Il s'agit de ne pas pénaliser les petits groupes parlementaires et ainsi de conforter leurs droits.
Mme Muriel JOURDA
Amendement de précision rédactionnelle.
Mme Muriel JOURDA
Le présent amendement vise à adapter les modalités de vote dans l’hémicycle de façon à prévoir le cas où une incapacité physique permanente ou temporaire empêcherait un sénateur de voter selon la modalité applicable (vote à main levée, par assis et levé, à la tribune), ce dernier puisse faire connaître son vote par toute autre manifestation compatible avec cette incapacité.
M. Éric KERROUCHE, Mme Marie-Pierre de LA GONTRIE, Mme Corinne NARASSIGUIN et 61 autres
La démocratie parlementaire a besoin de moyens pour contrebalancer les moyens d’expertise de l’exécutif et assurer un fonctionnement équilibré de notre régime politique. Depuis 2022, avec la succession de gouvernements minoritaires et la disparition des majorités absolues, dites « présidentielles », le Parlement, et le Sénat en particulier, ont retrouvé une place centrale dans le fonctionnement de nos institutions. Or, la capacité d’action des parlementaires dépend en grande partie des moyens humains dont ils disposent pour mener leurs travaux de législation et de contrôle. À cet égard, leurs équipes de collaborateurs sont notoirement trop peu nombreuses et leurs rémunérations bien trop contraintes. Le présent amendement propose donc d’apporter une précision quant à la détermination de l’enveloppe dédiée à la rémunération des collaboratrices et collaborateurs du Sénat. En effet, alors que leur charge de travail augmente à mesure que le rôle du Sénat se renforce et alors que leur profil se professionnalise, comme le note le bilan social 2023 de l’AGAS – ils sont plus diplômés et restent plus longtemps au service de leur employeur qu’il y a 10 ans –, leur rémunération n’a pas suivi cette évolution. En outre, depuis 2020, le salaire moyen des collaborateurs n’a augmenté que de 6%, grâce à son alignement sur le relèvement du point d’indice de la fonction publique, tandis que l’inflation s’élève sur cette période à 13,2%. Parallèlement, le complément salarial d’ancienneté n’a pas augmenté depuis 20 ans. Il paraît indispensable que l’enveloppe des crédits affectés à la rémunération des collaborateurs soit a minima indexée sur l’inflation. C’est l’objet de cet amendement.
Mme Cécile CUKIERMAN, M. Ian BROSSAT
Par cet amendement, les auteurs entendent rappeler la nécessité d’une application plus souple de l’irrecevabilité fondée sur l’article 45 de la Constitution lors de l’examen d’un texte en première lecture. L’application trop stricte de la notion de « cavalier législatif » appauvrit le débat parlementaire en interdisant l’exposé de propositions alternatives par les sénatrices et les sénateurs.
M. Guy BENARROCHE, Mme Mélanie VOGEL, M. Guillaume GONTARD
Le présent amendement du groupe Ecologiste - Solidarité et Territoires vise à supprimer le système de vote par assis et levé au Sénat, comme l’a fait à l’unanimité l’Assemblée nationale le 12 mars 2025. Cet amendement propose de remplacer ce mode de votation par un nouveau mode de scrutin permettant de comptabiliser les votants présents en séance par voie électronique. L’article 53 du Règlement prévoit que le Sénat puisse se prononcer par assis et levé. Ce mode de votation est notamment prévu en cas de doute sur le résultat d’un vote exprimé à main levé, mais également pour approuver les censures contre les sénateurs. Une application stricte de ce mode de scrutin est susceptible de priver les personnes dans l’incapacité de se lever de la possibilité de participer au scrutin concerné. La suppression du mode de votation assis-debout à l’Assemblée nationale le 12 mars dernier a mis en lumière le caractère ostracisant et obsolète de cet mode de votation, pensé pour les personnes valides et qui place les personnes non valides dans l’obligation de s’adapter ou de devoir réclamer leur droit. Il est temps que ces pratiques disparaissent. Afin de ne pas remettre en cause l'intérêt que pouvait présenter le scrutin assis-debout, à savoir celui de compter avec davantage de précision les votants lorsque le vote à main levé ne le permet pas, le présent amendement remplace ce mode de votation par un autre, le scrutin électronique des présents. Ce dernier permet simplement de basculer l’expression physique de son vote - le fait de se lever ou de rester assis - par une expression électronique, en faisant usage du système de scrutin électronique déjà en place au Sénat. Afin de transcrire la non publicité des votes assis-debout, l’amendement laisse le soin au Bureau de déterminer la publicité ou non des votes exprimés par scrutin électronique des présents.
Mme Cécile CUKIERMAN, M. Ian BROSSAT
Cet amendement vise à garantir une discussion des articles respectueuse du droit d’amendement des parlementaires.
Mme Cécile CUKIERMAN, M. Ian BROSSAT
Les amendements déclarés irrecevables doivent être publiés. En effet, ils expriment une volonté exprimée par leurs auteurs qui ne doit pas être dissimulée. L’irrecevabilité affirmée ne doit pas ainsi annihiler totalement une part importante du travail parlementaire.
Mme Cécile CUKIERMAN, M. Ian BROSSAT
La procédure actuelle peut générer une forme d’arbitraire dans la décision de déclarer irrecevable un amendement au titre de l’article 41 de la Constitution. Les auteurs de cet amendement entendent recadrer plus précisément cette procédure.
Mme Cécile CUKIERMAN, M. Ian BROSSAT
Les auteurs de cet amendement proposent d’assurer le plein respect de l’initiative parlementaire.
Tous les amendements ont été chargés