SénatRejetéProposition de loi

Proposition de loi tendant à rétablir le lien de confiance entre la police et la population

En clair

RÉSUMÉ Ce dossier portait sur une proposition de loi visant à améliorer les relations entre la police et la population, notamment en encadrant davantage les contrôles d’identité et en renforçant les garanties pour les citoyens. Plusieurs articles ont été rejetés ou supprimés, comme celui instaurant un récépissé systématique lors des contrôles d’identité, et celui prévoyant des conditions plus strictes pour les réquisitions écrites du procureur. Les amendements adoptés soulignent la crainte d’une complexification des procédures pour les forces de l’ordre, au risque de réduire leur efficacité opérationnelle. Le texte, déjà rejeté en partie à l’Assemblée nationale, ne pourra pas être adopté sous cette forme sans modifications majeures. Pour les citoyens, cela signifie que les mesures de transparence initialement envisagées ne seront pas mises en place, du moins dans l’immédiat. --- POSITIONS Le groupe SOC [centre gauche] s’est montré très favorable à l’ensemble des articles clés, votant systématiquement pour leur adoption. À l’inverse, le groupe UMP [droite] a rejeté tous les articles soumis au vote, affichant une opposition totale. Le groupe UC [centre] a majoritairement voté contre les articles, avec des abstentions notables sur certains textes. Le groupe RTLI [centre] a également rejeté tous les articles sans exception. Le groupe CRC [gauche] a systématiquement soutenu les articles, tout comme le groupe GEST [centre gauche]. Le groupe LREM [centre] a voté contre tous les articles, tandis que le groupe RDSE [centre] a globalement soutenu les mesures, avec une abstention isolée. Aucune divergence majeure n’est observée au sein des groupes sur les votes fournis.

Résumé généré par IA
4
Scrutins
2
Adoptés
2
Rejetés
7
Amendements
2 adoptés2 rejetés
6

Mme Catherine BELRHITI, M. Olivier PACCAUD, M. Stéphane PIEDNOIR, M. André REICHARDT, M. Gilbert BOUCHET, M. Bruno SIDO, M. Thierry MEIGNEN, Mme Pauline MARTIN, Mme Béatrice GOSSELIN, M. Bruno ROJOUAN, M. Antoine LEFÈVRE, M. Alain MILON, M. Max BRISSON, Mme Marie-Do AESCHLIMANN

L'encadrement proposé dans cet article réduirait de manière excessive la capacité des forces de l'ordre à agir efficacement en matière de prévention et de maintien de l'ordre. Le droit actuel, notamment sous le contrôle du juge, garantit déjà un équilibre entre liberté individuelle et sécurité publique.

Déposé le 15 mai 2025SENAT-TXT-106555
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Déposé le 15 mai 2025SENAT-TXT-106555
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Mme Marie-Do AESCHLIMANN, M. Christian BRUYEN, M. Gilbert BOUCHET, M. Jean-François RAPIN, M. Thierry MEIGNEN, Mme Alexandra BORCHIO FONTIMP, M. Georges NATUREL, Mme Sabine DREXLER, M. Christian KLINGER, M. Jean-Jacques PANUNZI, M. Henri LEROY, M. Jean Pierre VOGEL, Mme Florence LASSARADE, M. Pierre-Antoine LEVI, M. Hugues SAURY, Mme Nadine BELLUROT, M. Michel SAVIN, M. Édouard COURTIAL

Le présent amendement propose de supprimer l'article 3 qui vise à instaurer la remise d'une attestation à toute personne contrôlée en application des articles 78-2 et 78-2-2. La délivrance systématique d'un tel récépissé allongera de manière significative le temps de chaque contrôle. Ce ralentissement dissuadera mécaniquement les forces de l'ordre d'en réaliser, au détriment de leur efficacité sur le terrain, en particulier dans les quartiers où la petite et moyenne délinquance mine le quotidien des habitants. De plus, dans un contexte de forte attente de nos concitoyens en matière d'autorité et de sécurité, à laquelle le Sénat s'efforce de répondre, il serait incompréhensible que le législateur choisisse d'alourdir les contraintes pesant sur les forces de l'ordre, plutôt que de les soutenir dans leur mission. Enfin, la mesure proposée contribue à nourrir la défiance à l'égard des forces de l'ordre contrairement à l'ambition affichée par cette proposition de loi.

Déposé le 15 mai 2025SENAT-TXT-106555
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Mme Catherine BELRHITI, M. Olivier PACCAUD, M. Stéphane PIEDNOIR, M. André REICHARDT, M. Bruno SIDO, Mme Pauline MARTIN, Mme Béatrice GOSSELIN, M. Bruno ROJOUAN, M. Antoine LEFÈVRE, M. Alain MILON, M. Max BRISSON

La création d'un récépissé imposerait une lourdeur administrative contre-productive et détournerait les agents de leur mission première. Cela risquerait aussi de rigidifier les contrôles, ce qui serait contraire à leur efficacité sur le terrain.

Déposé le 14 mai 2025SENAT-TXT-106555
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M. Ludovic HAYE, Mme Jocelyne GUIDEZ, M. François BONNEAU, M. Michel CANÉVET, Mme Annick BILLON, Mme Amel GACQUERRE, Mme Anne-Sophie PATRU, Mme Anne-Sophie ROMAGNY, Mme Évelyne PERROT, M. Jean-Baptiste BLANC, Mme Sonia de LA PROVÔTÉ, M. Guislain CAMBIER

L’instauration d’un récépissé de contrôle d’identité, tel que prévu par l’article 3, ne répond à aucun besoin opérationnel clairement identifié. En pratique, ce dispositif complexifierait inutilement l’action des forces de l’ordre, en les contraignant à formaliser par écrit — voire par voie numérique — chaque contrôle d’identité, y compris ceux effectués dans des contextes difficiles. Alors même que l’ensemble des administrations publiques est engagé dans une démarche de simplification et de rationalisation des procédures, l’introduction de cette nouvelle obligation représenterait une charge administrative considérable et contre-productive. Elle mobiliserait un temps de travail effectif des agents, au détriment de leur mission première de terrain, sans gain évident en matière de respect des droits ou de transparence, les contrôles d’identité étant déjà strictement encadrés. Par ailleurs, la création systématique de récépissés, notamment sous forme numérique (SMS ou courriel), soulève des interrogations légitimes en matière de protection des données personnelles. Dans ces conditions, il apparaît plus opportun de supprimer l’article 3, afin de préserver l’efficacité des forces de l’ordre et d’éviter d’alourdir inutilement les dispositifs existants.

Déposé le 14 mai 2025SENAT-TXT-106555
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M. Ludovic HAYE, Mme Jocelyne GUIDEZ, Mme Christine HERZOG, M. François BONNEAU, M. Michel CANÉVET, Mme Annick BILLON, Mme Amel GACQUERRE, Mme Anne-Sophie PATRU, M. Pierre-Antoine LEVI, Mme Anne-Sophie ROMAGNY, Mme Évelyne PERROT, Mme Sonia de LA PROVÔTÉ

L’objectif de transparence et de protection réciproque entre les forces de l’ordre et la population est pleinement partagé. L’usage des caméras mobiles, lorsqu’il est possible, constitue un outil utile pour prévenir les tensions, garantir l’intégrité des interventions, et objectiver les faits en cas de contestation. Ce dispositif est d’ailleurs généralement bien accueilli par les policiers et les gendarmes, qui y voient un moyen de protection contre les violences dont ils peuvent être la cible. Cependant, imposer un enregistrement systématique et obligatoire lors de chaque contrôle d’identité ne tient pas compte des réalités opérationnelles du terrain. Dans certaines situations — interventions d’urgence, panne technique, environnement inadapté, ou simple manque matériel — il peut être difficile, voire impossible, d’activer ou d’utiliser une caméra. C’est pourquoi il convient de privilégier une formulation plus souple, qui incite à l’usage de la caméra autant que possible. Cela permettrait de préserver la finalité du dispositif tout en évitant d'exposer les forces de l’ordre à une insécurité juridique injustifiée en cas de non-enregistrement motivé par des circonstances objectives.

Déposé le 14 mai 2025SENAT-TXT-106555
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M. Ludovic HAYE, Mme Jocelyne GUIDEZ, M. François BONNEAU, M. Michel CANÉVET, Mme Annick BILLON, Mme Amel GACQUERRE, Mme Anne-Sophie PATRU, M. Pierre-Antoine LEVI, Mme Anne-Sophie ROMAGNY, Mme Évelyne PERROT, Mme Christine HERZOG, Mme Sonia de LA PROVÔTÉ, M. Guislain CAMBIER

L’article 2 procède à une complexification inutile de procédures qui sont déjà strictement régies par le code de procédure pénale. En matière de réquisitions écrites du procureur de la République, le droit en vigueur impose déjà un cadre légal rigoureux et un contrôle de proportionnalité des mesures prises. L’introduction d’une exigence supplémentaire de demande motivée du représentant de l’État ou du préfet de police complexifie de manière injustifiée une procédure qui, par sa nature même, nécessite réactivité et efficacité. Cette complexification va à rebours des objectifs affichés de simplification de l’action publique et risque de ralentir l’intervention des forces de l’ordre pour prévenir les troubles à l’ordre public. Par ailleurs, les contrôles administratifs, notamment dans le cadre d’événements à risque, font déjà l’objet d’un encadrement juridique précis destiné à prévenir toute dérive arbitraire. Dans ces conditions, la suppression de l’article 2 apparaît comme une mesure de bon sens et de confiance dans les institutions judiciaires existantes.

Déposé le 14 mai 2025SENAT-TXT-106555